Brevet des collèges cliquez pour afficher en grand

date: lundi 18/06/1990 (14 ans) lieu: Saint-Leu-la-forêt

Je passe le brevet. Je planche sur l'examen dans une relative décontraction. Ce sont des questions très faciles. On nous demande par exemple ce que signifie 'TGV' ? Quoi qu'il arrive, échouer à cette épreuve n'empêchait pas de passer du collège au lycée. Après l'annonce des résultats, je n'ai pas osé allé voir sur les panneaux affichés à l'extérieur du collège pour savoir si je l'avais eu ou pas. J'ai menti en disant à ma mère que j'avais été voir et que j'étais admis. J'avais un peu honte de ce mensonge, surtout que je n'étais pas sûr d'avoir eu une bonne note. Mathieu ne comprends pas pourquoi je me retrouve dans cette situation, il insiste pour que nous allions vérifier. Je suis retourné au collège quelques jours plus tard avec lui pour voir si les résultats étaient toujours disponibles. Malheureusement, les affiches avaient été détachées. Il faut dire que l'année scolaire était terminée. Le gardien du lycée a bien voulu nous ouvrir la porte et nous a expliqué que les résultats étaient rangés dans un coin. J'ai vu mon nom avec la mention 'Admis'. J'ai remercié le gardien et je suis parti. (écrit le: 2017-03-31) catégorie: scolarité année: 1990

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Cours de management cliquez pour afficher en grand

date: mardi 27/03/2007 (31 ans) lieu: Paris

Cela fait deux ans que je suis le responsable d'une petite équipe du service de retraite. Au début, je passais mon temps à demander de l'aide à Florence qui était responsable de l'équipe avant moi. Grâce à elle je connaissais toutes les règles de fonctionnement du métier, elle m'a pratiquement tout appris. D'autre part, je crée de nouveaux outils, des logiciels qui facilitent le travail... L'objectif était de nous éviter des tâches répétitives, pour nous concentrer sur autre chose que de simplement appuyer sur des boutons. D'un autre côté, je ne sais absolument pas comment gérer la partie humaine de mon activité ! Il y a trois personnes qui travaillent sur les dossiers, et moi qui organise tout cela dans une certaine improvisation. Et pourtant j'arrive tant bien que mal à faire tourner le service. Je patauge un peu. Surtout avec Margarita, qui communique peu avec moi. J'ai tendance à préparer mes actions sans concertation, ni avec mes responsables, ni avec mes collaboratrices. J'ai bien besoin de conseils pour éviter de faire d'autres erreurs... C'est à ce moment là que nos responsables décident de nous faire suivre des cours de management. L'objectif est de faire monter en compétence les agents de maîtrise du service retraite. L'organisme chargé de nous former est très bien organisé. L'opération s'étale sur 8 mois, à raison d'un jour par mois de mars à novembre. Nous sommes séparés en trois groupes de dix participants, soit trente personnes qui viennent des différents sites nationaux de l'entreprise. Ce mardi, j'arrive un peu en retard à l'espace Aurore, dans le 13ème arrondissement de Paris. Notre formateur, Arnaud, fan de high-tech et imitateur d'Antoine De Caunes, ressemble un peu à Julien Courbet. Tout me semble artificiel chez lui : que ce soit sa façon de s'adresser à nous, sa manière de sourire ou de s'habiller. Il m'accueille en me serrant la main et en me souriant avec insistance. Parmi les membres du groupe, la seule personne que je connais s'appelle Claire, et encore je la connais peu. Dès cette première session, je ressens une gêne que j'exprime en m'interrogeant sur le fait de ne pas me sentir à ma place. Le formateur met en effet l'accent sur l'expression orale, les mises en situation type « jeu de rôle » et les entretiens en face-à-face avec des collaborateurs ou des responsables que nous jouions à tour de rôle. Or, je ne suis pas à l'aise dans ce genre d'exercice. Je vois mal le rapport avec mon travail quotidien et reste sur la défensive. A chaque nouveau thème abordé, on nous distribue des petites fiches sous forme de pense-bête à insérer dans un classeur. L'un des premiers thèmes évoqué sera le « quitus ». Sous ce nom latin se cache un secret bien connu des négociateurs et de tous ceux qui veulent désamorcer les conflits. Le réflexe que nous avons tant de mal à perdre, c'est le fait dans une discussion de contredire immédiatement la personne qui n'est pas d'accord avec nous. Le « quitus » consiste à accuser réception du point de vue de notre interlocuteur, avant de lui opposer nos arguments. On peut le faire par exemple en reformulant son idée. Si on oublie cette règle basique, on perd un temps précieux, car les deux personnes font un monologue sans interagir avec l'autre. Nous apprendrons aussi le pouvoir du silence… Savoir se taire est très efficace pour mieux entendre ce que nous disent les autres. L'un des cours qui sera le plus difficile à appréhender pour moi est celui du « recadrage ». Il s'agit de faire comprendre à un collaborateur qu'il n'a pas suivi les règles, tout en essayant de le remobiliser. Puis nous parlerons d'un événement qui n'arrive pas assez souvent chez les managers, le fait de manifester de la reconnaissance pour ses collaborateurs. On pense souvent à rectifier ce qui ne va pas chez nos collègues, mais on oublie aussi souvent de les féliciter quand ils ont fait du bon travail. A chaque intervention orale de ma part, Arnaud me fait remarquer que je devrais sourire beaucoup plus, et que mon auditoire se trouve par conséquent sur la défensive. Je tâche de suivre son conseil depuis ce jour, sans toutefois y arriver à chaque fois ! Arnaud nous fait rire involontairement en imitant Jean-Claude Vandamme : il nous demandait en effet d'être « aware ». Une façon de nous conseiller l' « écoute attentive ». A la fin de chaque journée, je me sens vidé, très fatigué nerveusement. Avant de repartir, Arnaud nous confiait pour mission d'appliquer ce que nous venions d'apprendre dans notre équipe avant la prochaine session de formation. Nous avions alors un mois pour exercer un des sujets : « savoir dire non », « gérer son temps » ou « négocier avec son N+1 »... Au début de la session suivante, il fallait alors présenter oralement cette expérience, qu'elle se soit bien passée ou pas. Entre chaque journées, nous avions pour mission de répondre à des questionnaires « e-learning », pour vérifier que nous avions retenu les leçons apprises lors de la session précédente. Lors des quatrième et cinquième journées, l'organisation est un peu différente. Nous sommes réunis dans une grande salle, les trente participants, nos responsables, ainsi que les formateurs. Ce sera l'occasion de pratiquer l'esprit d'équipe et de simuler une réunion de travail. La représentante des ressources humaines en profitera également pour nous expliquer la conduite à tenir pendant les entretiens annuels d'évaluation professionnels. Nous irons dîner sur une péniche le soir du quatrième jour. Pendant la septième journée, au mois d'octobre, lors d'un cours sur la gestion des conflits, nous sommes allé très loin dans la simulation. Le jeu de rôle nous faisait jouer un échange entre un collaborateur et son responsable qui ne s'était pas rendu compte qu'il avait fait une erreur d'appréciation. Laurence et moi avons eu du mal à sortir de ce jeu de rôle. Elle me reprochais la mauvaise foi que j'avais réussi à feindre, bien après que l'exercice soit terminé ! C'était le signe que tout cela commençait à avoir des conséquences sur notre façon de penser. J'avais peur que ces outils soient utilisés pour manipuler l'opinion des gens, ou plutôt que je devienne un manipulateur. Je remarquais tous les signes de cet apprentissage chez les responsables politiques, et même chez Steve Jobs, alors qu'il venait d'annoncer l'arrivée du premier iPhone devant une foule conquise. Je me sentais à la fois privilégié, mais aussi un peu coupable de connaître ces techniques de communication, proches de la PNL (Programmation Neuro Linguistique). J'avais depuis longtemps tendance à mentir un peu, à être un peu hypocrite ou consensuel. Ces outils de management allaient sans doute m'aider à le faire de manière plus subtile. Tout cela m'effrayait et me posait question. Arrivé au mois de novembre, c'est la fin du stage. Afin de témoigner notre amitié à Arnaud, nous allons lui offrir un T-Shirt blanc que nous aurons recouvert de phrases de remerciements écrites au stylo indélébile (j'y ai écrit le mot « aware !»). Puis viens la fin de la journée. Nous sommes chargés de nous écrire une lettre à nous-même. Cela semble absurde de m'envoyer une lettre dans le futur ! Il fallait tout simplement se poser une question : a-t-on réussi à appliquer les principes appris pendant ces 8 journées ? Quelques mois plus tard, alors que je reçois ce courrier, j'avais complètement oublié cette histoire de lettre. Qui pouvait bien m'avoir fait parvenir cette lettre (en imitant mon écriture) ? J'ai pourtant assez vite trouvé la réponse à la question que je me posais. Ce que j'ai appris au cours de cette formation m'a transformé. J'ai eu le sentiment d'évoluer, d'être mieux armé face aux aléas de la vie quotidienne, et pas seulement au travail. Ma timidité n'avais pas disparue, je manquais toujours d'autorité, mais je me sentais enfin à ma place en tant que manager. Le problème que je découvrirais plus tard, c'est que ma future femme n'a pas eu la même formation. Elle n'a pas du tout évolué dans le même sens que moi, ce décalage va créer une fissure qui ne cessera de s'élargir au cours des années qui ont suivi. (écrit le: 2017-02-05) catégorie: travail année: 2007

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Un Rempart au bord de la Loire cliquez pour afficher en grand

date: lundi 05/08/1996 (20 ans) lieu: Montjean-sur-Loire

Je me suis à nouveau inscrit à un stage de bénévole « Rempart ». Cette association organise des chantiers dans toute la France afin de sauvegarder le patrimoine en péril. L'année dernière, j'avais fait ce type de stage au château du Coudray-Salbart, mais en avais gardé un souvenir très douloureux. Peu à l'aise dans le groupe, je m'étais senti exclu. Mais je vais quand même essayer de tenter ma chance sur un autre site. La brochure parlait d'un chantier à Montjean-sur-Loire, au bord du fleuve. Mon inscription a été acceptée par l'association, j'organise donc mon voyage. D'abord Strasbourg-Paris, je fais une escale chez ma mère à St-Leu-la-Forêt. Puis je prends le train à Paris Montparnasse, direction Champtocé-sur-Loire, après un changement à Angers. Arrivé dans cette petite gare perdue au milieu des champs, je rencontre un homme souriant qui me tend une main ferme et calleuse. Il se présente: « -Gaby ». Cet homme est un agriculteur quinquagénaire qui porte le bouc. Il a un caractère un peu bourru mais s'avère sympathique et peu causant. Cet été, il est en charge du groupe de bénévoles pour l'association. En quoi consiste le chantier ? Il s'agit de participer à la restauration des Fours à Chaux. Ces énormes bâtisses en pierre de forme conique servaient à fabriquer la chaux à partir du calcaire. Gaby m'accueille dans sa 4L, et m'emmène à Chateaupanne, le lieu-dit où se trouvent les fours. Il semble un peu dépité, mais essaye de garder un certain enthousiasme. Il faut dire que l'endroit est bien détérioré : un corps de ferme délabré cache une vieille cuisine ainsi que les sanitaires. Une grange sert à ranger les outils. Les ronces et les ruines s'éparpillent sur le reste du site, au bord de la Loire. Dans le groupe se trouvent trois étudiants (un couple et leur ami qui viennent du Sud de Paris), ainsi qu'une jeune femme seule. Le soir même, nous allons à Montjean visiter l'éco-musée et assister à un spectacle de Chants marins. Nous dormons sous des tentes individuelles, sauf Gaby qui a sa maison à côté. Les trois étudiants sont scouts, et mettent une bonne ambiance dans le groupe, même s'ils ne travaillent pas beaucoup. Je me souviens être allé boire du muscat de Frontignan avec eux en regardant le coucher du soleil. Ce n'est pas du goût de notre responsable de chantier, qui tel un vieux sage, me demande si c'est bien raisonnable. Plutôt que de remettre en état le four, cette grande tour cachée par la végétation, nous essayons de réparer une petite maison attenante. Au vu des « ouvriers » présents, ce manque d'ambition apparent est à mettre au crédit de la sagesse. Et Gaby n'en manque pas, d'ailleurs il aura l'occasion de nous le montrer lors de nos discussions au coin du feu le soir après le dîner. Malheureusement, les moyens et la main d’oeuvre sont trop limités pour réaliser le moindre ouvrage. Le travail consiste à mélanger le sable, la chaux et l'eau pour faire un mortier. On charge ensuite une brouette pour remonter cette colle à l'intérieur du bâtiment. Un tas de pierres est entassé au centre de cette ruine. Il faut poser ces pierres les unes sur les autres avec le mortier en suivant la verticalité du mur. La jeune fille scout se met parfois en haut de l'échafaudage, et je lui passe les pierres ainsi que le mortier dans un seau. Elle me donne ainsi l'occasion de remarquer qu'elle ne porte pas de culotte. Et je pense qu'elle le fait exprès. Bref. Je m'inspire des techniques apprises à Coudray-Salbart, mais n'arrive pas à faire avancer les travaux car les pierres sont ici dures comme du silex. Arriver à emboiter ces objets aux formes aléatoires relève du casse-tête. Dès qu'il se met à pleuvoir, la colle qui n'a pas séché se désagrège, ce qui nous oblige à tout recommencer. Entre les séances de travaux, Gaby organise des activités, comme des cours de vannerie, une balade à cheval ou des concours de pétanque. Nous irons également visiter la carrière, toute proche. Nous ferons également un tour en « Gabarre », ces bateaux à voile dont le fond plat permettait la circulation de marchandises sur la Loire avant l'invention des péniches. Pour nous occuper avant le dîner, nous faisions parfois un tour à Montjean. Nous allions à la piscine municipale ou au cinéma. Il fallait un peu plus de 3/4h à pied pour faire le trajet jusqu'au centre-ville par la route, et nous tendions quelques fois le pouce pour faire du stop (ce qui marchait assez peu). Un vieil homme en 2CV nous a pris une fois, mais il a conduit tellement mal que nous aurions préféré qu'il nous laisse derrière lui. Quelques jours plus tard, la jeune femme seule s'en va alors que nous n'avions pas vraiment fait connaissance. Elle est assez vite remplacée par deux garçons, des cas sociaux envoyés par la justice, pour être remis dans le droit chemin en accomplissant un travail d'intérêt général. Le premier est un jeune homme qui vit dans les environs, et passe son temps à boire. Il est sympathique mais un peu collant et surtout très bavard. Toutes ses anecdotes se terminent irrémédiablement par « j'étais blindé », c'est-à-dire qu'il avait trop bu. Le deuxième garçon tremble constamment. Il vient d'une grande ville, et semble planer très haut dans le ciel. Il tape des clopes à un des scouts, jusqu'à ce que celui-ci en ait assez de lui en donner. Son regard est perdu, son discours décousu. Cela suffira à nous inquiéter, si bien qu'il finira par nous raconter son histoire: la drogue dure, la folie, l'internement. Ces deux arrivants ont donc une histoire assez similaire : l'addiction à l'alcool pour le premier, et à la drogue pour le second. Inutile de préciser qu'avec ces deux lascars, les travaux n'avancent pas très vite. D'autant que les scouts vont devoir partir, car leurs vacances se terminent. Le soir, avant de m'endormir dans ma tente, je lis le roman de Milan Kundera, « La Lenteur », que Christine m'a prêté. Un jour, le capitaine qui nous a fait faire un tour de Gabarre m'appelle. Il organise une sortie pour des chinois en balade à Montjean, et a besoin de mon aide pour mener la barque. Son coéquipier habituel n'est pas là, il me confie donc la barre ainsi qu'un gilet de sauvetage. Ma tâche consiste simplement à guider le bateau en bois entre les bouées rouges à droite, et les bouées vertes à gauche. Je me souviens du tracé parcouru quelques jours plus tôt, et je mène la Gabarre avec habileté. Arrivé au milieu du trajet, le capitaine me fait un léger signe de la tête que je ne comprends pas. Il essayait de me prévenir que je me dirigeais à gauche d'une bouée verte... Il saute sur la barre mais n'arrive pas à faire changer de cap à temps à son bateau. En fait, la bouée s'était détachée de son support et se trouvait dans une mauvaise position. J'avais donc pris la bonne décision, mais les chinois à bord ont eu la peur de leur vie ! Rentré au port, le capitaine me remercie pour mon aide. Afin de me récompenser, il remet en état un vieux vélo qui me permettra de faire le trajet plus rapidement entre le chantier et le centre-ville. Arrive le dernier jour, et je dois bien admettre que les travaux n'ont pas avancé du tout. Pour protéger notre travail jusqu'à l'été prochain, Gaby pose un mortier imperméable au dessus des pierres. Nous allons faire une dernière balade, au cours de laquelle nous allons rencontrer un des élus de la région. Il me demandera ce qui pousse quelqu'un comme moi à m'intéresser au patrimoine, et plus particulièrement aux Fours à Chaux. J'ai eu un peu de mal à lui répondre ! Le lendemain, mon train part de la gare de Champtocé. Gaby n'a pas osé me demander le paiement du séjour (une très faible somme qui permet de payer les repas). Je signe le chèque sur le capot de la 4L en lui disant que j'aurai du y penser avant. « Voilà mon chauffeur » lui dis-je. Le train me ramène à Paris tard dans la soirée. (écrit le: 2016-12-07) catégorie: stages année: 1996

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Le vélo coincé cliquez pour afficher en grand

date: lundi 10/03/1997 (21 ans) lieu: Strasbourg

Je me déplace quasiment exclusivement en vélo dans Strasbourg. C'est le moyen le plus rapide pour atteindre une destination en centre-ville. Aucun ticket de stationnement, aucun garage à payer pour entretenir mon véhicule, aucun carburant à verser dans le réservoir. La liberté. La plupart des étudiants sont arrivés à la même conclusion que moi. Les supports installés par la ville pour accrocher ses bicyclettes sont donc remplis plus que de raison. Il n'y a souvent aucune place, il faut donc trouver une rambarde ou un poteau signalétique pour poser le vélo et fixer l'antivol. Ce jour là, j'avais un cours à l'ESIG, rue du 22 Novembre. C'est à côté d'un autre vélo que j'ai mis le mien, et le câble qui bloque mon cadre sur le tube métallique est un peu serré. Quelques heures passent, et ma prof de français déboule dans la salle de classe. Elle est visiblement paniquée. Cette jeune femme donne des cours pour financer ses études. De taille moyenne, assez jolie, j'aime la regarder quand elle ne fait pas attention. Mais elle est tellement farouche et stressée qu'il ne vaut mieux pas s'y frotter. Elle est furieuse. Son vélo est coincé. "Qui a un vélo orange ?". Je me sens visé, c'est de moi qu'il s'agit. J'ai trop forcé lorsque j'ai posé mon VTC. Une pédale est enfoncée dans ses rayons. Je descends de l'immeuble pour l'aider à décoincer son destrier. Elle fait la tête. Pas "merci", pas "au revoir". Elle s'en va et j'en profite pour admirer sa chevelure alors qu'elle fonce vers la fac de lettres. (écrit le: 2016-09-11) catégorie: scolarité année: 1997

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Boîtier papillon cliquez pour afficher en grand

date: mardi 15/08/2006 (30 ans) lieu: Carrières-sur-Seine

Nous avions une Renault Clio II depuis quelques années. Achetée en 2004 à Montpellier dans le réseau du constructeur (une occasion collaborateur), ce véhicule de couleur "gris hologramme" n'était pas franchement original. Sans histoires, on avait pas eu de pépins jusqu'à ce jour. Nous l'avions choisie en raison de sa climatisation en prévision de notre voyage à Florence. Lors d'une accélération après le péage de Saint Arnoult, le véhicule n'avance plus. J’appuie sur le champignon, mais rien ne se passe. Les véhicules autour de nous doivent nous éviter de justesse, je dois me ranger sur la bande d'arrêt d'urgence et j'éteins le moteur. Je n'ai aucune idée de ce qui se passe, et la seule chose qui me vient à l'esprit est d'appeler une dépanneuse. Pourtant, j'attends quelques instants, je redémarre et le véhicule accélère normalement. De manière totalement aléatoire, la voiture s'arrête, puis repart. J'imagine que c'est un problème électronique, car le voyant s'allume sur mon tableau de bord pour m'indiquer que l'anomalie vient de là. Difficile de reprendre le volant en confiance après cette mésaventure. Quelques jours plus tard, j'amène la Clio au garage Renault le plus proche. Je sors ma carte Garantie Or et je demande à la secrétaire ce qu'elle peut faire pour moi. Sauf que la garantie de deux ans est dépassée de quelques jours. Il n'y a aucune solution selon elle, à part changer le boitier papillon. Derrière ce nom poétique se cache un dispositif assez complexe, dont la défaillance est connue chez le constructeur. La réparation est coûteuse, plus de 1000 euros. De l'argent bien dépensé, pour rien. Quelques mois plus tard, le problème se reproduit, mais cette fois-ci, je sais que la seule chose à faire est de revendre ce véhicule le plus vite possible. (écrit le: 2016-09-11) catégorie: voiture année: 2006

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Cosmos cliquez pour afficher en grand

date: samedi 19/07/2014 (38 ans) lieu: Carrières-sur-seine

Au cours d'un podcast de Gameblog, que j'écoutais dans les transports en commun, un intervenant parle d'une série de documentaires de vulgarisation scientifique: "Cosmos, Une odyssée à travers l'univers". Il s'agit d'un programme diffusé sur la télévision américaine en 2014, et qui fait suite (ou plutôt rend hommage) à la fameuse série de Carl Sagan, celle qui date des années 1980. J'ai attendu que tous les épisodes soient disponibles pour regarder l'intégralité de la série. L'ensemble des connaissances qui y sont présentées est bien connu des scientifiques. Je connaissais la plupart des concepts, mais la manière de les présenter aide énormément à comprendre et à assimiler les informations qui sont distillées dans les treize épisodes. L'évolution, le réchauffement climatique, les mécanismes qui régissent l’univers, la naissance du temps et de l’espace, tout est abordé de façon très naturelle. Neil deGrasse Tyson est le maître de conférence de luxe qui nous tient la main à chaque épisode. Cet astrophysicien a un réel talent pour vulgariser les découvertes scientifiques les plus récentes. Les effets spéciaux, dignes de films hollywoodiens, s’appuient toujours sur les études des spécialistes. Ils ne servent pas qu’à amuser la galerie. J’avais le sentiment que cette présentation éclairait les bribes de connaissances que j’avais assimilé au cours de mes lectures ou pendant mes études. Tout devenait plus clair. Par exemple mes questions sur la nature humaine trouvaient quelques réponses. Qu’est-ce qui nous anime, si ce n’est la conséquence d’un avantage donné par l’évolution à notre espèce ? Cet atout, c’est cette capacité à nous adapter, à apprendre, à transmettre à notre descendance ce qui a bien fonctionné pour nous. Là où il fallait des milliers de générations et du hasard pour forger nos corps par une sélection impitoyable, une simple idée suffit désormais pour corriger un défaut… ou faire une erreur épouvantable. Car la réflexion nous permet de résoudre les problèmes, mais elle s’accompagne d’un prix insupportable à payer. Elle n’offre aucune garantie contre les fautes de logique, les raccourcis et les choix à court terme. Et les religions ont bien compris que ce paradoxe est la source de nos tourments. On en viendrait presque à envier nos compagnons sur Terre, ces animaux sauvages capables de vivre toute une vie sans se poser de questions. On pourrait avoir envie de les rejoindre et retourner vivre sous les arbres. Mais ce serait un leurre. Les êtres humains peuvent tout faire, le meilleur comme le pire, c’est bien tout ce qui compte. Comment éviter notre propre extinction ? Un peu plus de curiosité, d’imagination et de bienveillance, ce sont sans doute les seules choses dont nous manquons. Et aussi la sobriété peut-être ? (écrit le: 2016-07-01) catégorie: télévision année: 2014 son

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L'amant dans Le Corbusier cliquez pour afficher en grand

date: samedi 25/09/1993 (17 ans) lieu: Strasbourg

Dans la bibliothèque de mon père se trouvent des tas de livres, surtout des romans. Certains évoquent quelque chose pour moi, d'autres rien du tout. Je connaissais celui de Marguerite Duras, surtout grâce à l'adaptation réalisée par Jean-jacques Annaud. C'est "L'amant" bien sûr, et le film était sorti l'année précédente. Le nombre de pages, moins de 150, n'a pas l'air trop important. Comme je m'ennuie un peu, je commence à lire une feuille, puis deux... L'histoire, à Saïgon, de cette jeune fille qui tombe amoureuse d'un homme chinois, était en grande partie autobiographique. Elle avait reçu le prix Goncourt en 1984 pour ce livre. Je m'allonge dans le fauteuil Le Corbusier, mais j'ai le cou tordu et je n'arrive pas à trouver de position confortable. J'étais tellement passionné que je n'ai pas senti la douleur qui s'installait en moi tandis que je lisais. Cela ne m'empêchera pas de finir le livre, en quelques heures. Le petit coussin cylindrique peinait à amortir le poids de mon corps, alors que j'étais appuyé sur le bras droit. Le mal de dos va me poursuivre tout le reste de la journée. (écrit le: 2016-06-24) catégorie: livres année: 1993

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Spiderman en Divx cliquez pour afficher en grand

date: samedi 28/09/2002 (26 ans) lieu: Houilles

Nous venions d'arriver dans un appartement de deux pièces, que nous louait un couple de retraités. Après avoir passé plusieurs jours à nettoyer, repeindre et enfin meubler les lieux, il ne manquait plus que la connexion à internet pour rendre ce lieu confortable. J'ai commandé la Freebox, afin d'avoir l'ADSL pour un prix raisonnable de 30 euros par mois. Une vraie révolution! Enfin pour moi, c'était surtout l'arrivée d'une nouvelle source de divertissement: les films piratés. Avec une vitesse de téléchargement de presque 300kb/s, je pouvais me permettre d'aller piocher dans le catalogue du cinéma (surtout américain), sur les réseaux peer-to-peer. Le "Divx" (prononcer divix), une méthode de compression vidéo, associée au mp3, pour restituer le son, permettait de faire tenir un film de 2h sur 700 MB, soit l'équivalent d'un CD. Des "pirates" les convertissaient dans ce format et nous les mettaient à disposition. A l'époque, le meilleur moyen pour trouver des films récents en "partage", était de lancer le logiciel "eMule". Il suffisait de choisir un titre dans une liste et d'attendre, attendre, et ...encore attendre. Hé oui, ce n'était pas rapide. On regardait la barre grise se transformer en barre verte avec impatience. Chaque petit bout du fichier reçu était en effet matérialisé à l'écran par une ligne verte très fine. L'indisponibilité d'une section du fichier chez l'ensemble des « participants » était colorée en rouge: c'était le signe qu'il serait sans doute impossible d'obtenir le fichier entier, quel que soit le temps que j'attendrais. Dans ce cas il fallait abandonner le téléchargement. Sinon, j'allumais l'écran du PC de temps en temps afin d'estimer grosso modo à quel moment le fichier serait complètement téléchargé. Avec un peu de chance, et en sélectionnant un « blockbuster », on arrivait finalement à l'obtenir en un peu moins d'une semaine. Plus le nombre de gens qui partageaient était élevé, plus on avait de chances de recevoir le fichier rapidement. Le premier film que j'ai réussi à obtenir ainsi, c'est « Spiderman », avec Tobey Maguire. Il était sorti en salles quelques mois plus tôt, mais n'était pas encore disponible en DVD. Bref, il était temps de profiter de mon petit larcin, je m'en frottais déjà les mains. J'avais tourné l'écran de l'ordinateur qui était sur le bureau afin de nous permettre de regarder ce film gratuit, confortablement installés dans notre lit. Le sentiment que j'avais à ce moment là, était une légère impression de culpabilité. J'étais un hors-la-loi à la petite semaine. Pour décoder le fichier, j'avais récupéré un "pack" de codecs qui s'appelait "K-Lite" et permettait de le regarder sur un ordinateur. On constatait à cette occasion que la décompression du film avait des conséquences sur sa qualité. De grands aplats de couleur verte apparaissaient parfois quand il y avait beaucoup de mouvements de caméra, comme dans les scènes d'action. Les images se mélangeaient ensuite étrangement à celles qui suivaient, puis tout redevenait normal. Les plans un peu sombres n'étaient pas très détaillées. Dans ce cas, l'image ressemblait souvent à une bouillie de pixels marrons. C'était le cas du célèbre "baiser inversé" entre Peter Parker et Mary Jane, une scène inoubliable qui avait lieu après une bagarre sous la pluie, dans une rue peu éclairée de New York. Le plus amusant était la voix des acteurs qui faisaient le doublage. Comme ces films américains étaient disponibles au Québec avant de l'être en France, on les trouvait le plus souvent dans des versions doublées avec l'accent de Robert Charlebois. Tabernacle ! L'homme araignée en québecois, ça vaut son pesant de cacahuètes. Après tout, c'est gratuit. On ne va pas faire la fine bouche me disais-je. (écrit le: 2016-05-28) catégorie: cinéma année: 2002

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Anti 4x4 cliquez pour afficher en grand

date: vendredi 09/06/2006 (30 ans) lieu: Carrières-sur-seine

En m'intéressant à la pollution générée par les véhicules, je me suis arrêté sur celle que provoquait les voitures "tous terrains". Avoir un 4x4 en ville me semblait être une pure aberration. La seule raison valable de posséder ce type d'automobile avait quelque chose à voir avec l'égoïsme de son propriétaire. Quand on est assis dedans, on est un peu plus haut que les autres conducteurs. Très probablement, on prend moins de risque d'être blessé lors d'un accident. Certains, m'a-t-on dit, posaient de la fausse "boue" sur leurs jantes pour faire croire qu'ils avaient vraiment roulé sur de la terre. La vanité était donc à l'origine de la mode du véhicule tout-terrain ? Je le pense en tout cas, surtout quand ces quatre roues motrices ne touchent jamais autre chose que le bitume. Je vais faire imprimer un autocollant dans des centaines d'exemplaires. Il y est écrit: "4x4 PLUS DE POLLUTION. J'AUTO STOP. CLIMAT CHAUFFE QUI PEUT". Mon but ? Coller ce message sur le plus de Rav4 tout propre, de Tiguan, de Cayenne ou de Qashquai (casse-couilles) possible. Il s'avère que j'ai des convictions mais assez peu de courage. Je n'arrivais pas à passer à l'acte. Je n'ai posé que deux autocollants. C'était sur des voitures garées dans des parkings sous-terrains. A chaque fois, je m'étais assuré que personne ne me voyait faire. (écrit le: 2016-02-06) catégorie: lâcheté année: 2006

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Tennis après l'école cliquez pour afficher en grand

date: mercredi 14/09/1983 (7 ans) lieu: Colombes

J'allais faire du tennis au gymnase Smirliant, à côté de l'école, dans la rue Hoche. Cette activité sportive avait lieu tous les Mercredi. Notre professeur était chauve, et nous faisait faire le B.A.B.A. du petit tennisman en herbe. Il fallait faire rebondir la balle à la verticale sur le tamis de la raquette. Ensuite, le niveau se corsait car il fallait utiliser chaque côté de la raquette alternativement. Enfin, pour valider notre apprentissage, il fallait faire rebondir cinq fois de suite la balle à l'intérieur du cercle d'un panier de basket. D'autres exercices consistaient à viser un carré dessiné sur un mur. Je me souviens de la méthode pour ramasser la balle sans se baisser, en coinçant la balle entre son pied et la raquette, puis en pliant la jambe pour la soulever suffisamment et la faire rebondir. J'étais assez habile et j'adorais ma raquette en bois qui était recouverte de peinture noire et orange. L'odeur des balles fraîchement sorties de leur tube sous pression était synonyme de bon moments passés sur le court. On gagnait une sorte de badge métallique en forme de raquette après avoir validé notre apprentissage. Quand est venu le temps d'apprendre à servir, à rattraper la balle au filet, à faire un passing-shot, un lob ou un coup « slicé » j'arrivais encore à suivre. Les conseils de l'instructeur nous permettaient de prendre les bonnes postures. Je manquais encore de précision dans mes tirs, mais je m'amusais. Puis est venu le moment, inévitable, du premier « match ». Là, je me suis rendu compte qu'il fallait mettre en oeuvre d'autres compétences que celles que j'avais apprises. Le prof devait penser que l'envie de gagner allait de soit. Il me manquait évidemment cet esprit compétitif, que j'aurais sans doute acquis avec un peu d'encouragements. Mais il me manquait surtout la capacité à supporter l'échec. Surpris par la hargne et l'énergie déployée par mes adversaires, je perdais tous mes moyens. Je ne gagnais jamais un seul point. Ajoutez à cela la colère que je ressentais à chaque match qui se terminait, l'amusement avait disparu. J'ai donc assez rapidement abandonné le tennis. (écrit le: 2016-02-06) catégorie: sport année: 1983

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