Spiderman en Divx cliquez pour afficher en grand

date: samedi 28/09/2002 (26 ans) lieu: Houilles

Nous venions d'arriver dans un appartement de deux pièces, que nous louait un couple de retraités. Après avoir passé plusieurs jours à nettoyer, repeindre et enfin meubler les lieux, il ne manquait plus que la connexion à internet pour rendre ce lieu confortable. J'ai commandé la Freebox, afin d'avoir l'ADSL pour un prix raisonnable de 30 euros par mois. Une vraie révolution! Enfin pour moi, c'était surtout l'arrivée d'une nouvelle source de divertissement: les films piratés. Avec une vitesse de téléchargement de presque 300kb/s, je pouvais me permettre d'aller piocher dans le catalogue du cinéma (surtout américain), sur les réseaux peer-to-peer. Le "Divx" (prononcer divix), une méthode de compression vidéo, associée au mp3, pour restituer le son, permettait de faire tenir un film de 2h sur 700 MB, soit l'équivalent d'un CD. Des "pirates" les convertissaient dans ce format et nous les mettaient à disposition. A l'époque, le meilleur moyen pour trouver des films récents en "partage", était de lancer le logiciel "eMule". Il suffisait de choisir un titre dans une liste et d'attendre, attendre, et ...encore attendre. Hé oui, ce n'était pas rapide. On regardait la barre grise se transformer en barre verte avec impatience. Chaque petit bout du fichier reçu était en effet matérialisé à l'écran par une ligne verte très fine. L'indisponibilité d'une section du fichier chez l'ensemble des « participants » était colorée en rouge: c'était le signe qu'il serait sans doute impossible d'obtenir le fichier entier, quel que soit le temps que j'attendrais. Dans ce cas il fallait abandonner le téléchargement. Sinon, j'allumais l'écran du PC de temps en temps afin d'estimer grosso modo à quel moment le fichier serait complètement téléchargé. Avec un peu de chance, et en sélectionnant un « blockbuster », on arrivait finalement à l'obtenir en un peu moins d'une semaine. Plus le nombre de gens qui partageaient était élevé, plus on avait de chances de recevoir le fichier rapidement. Le premier film que j'ai réussi à obtenir ainsi, c'est « Spiderman », avec Tobey Maguire. Il était sorti en salles quelques mois plus tôt, mais n'était pas encore disponible en DVD. Bref, il était temps de profiter de mon petit larcin, je m'en frottais déjà les mains. J'avais tourné l'écran de l'ordinateur qui était sur le bureau afin de nous permettre de regarder ce film gratuit, confortablement installés dans notre lit. Le sentiment que j'avais à ce moment là, était une légère impression de culpabilité. J'étais un hors-la-loi à la petite semaine. Pour décoder le fichier, j'avais récupéré un "pack" de codecs qui s'appelait "K-Lite" et permettait de le regarder sur un ordinateur. On constatait à cette occasion que la décompression du film avait des conséquences sur sa qualité. De grands aplats de couleur verte apparaissaient parfois quand il y avait beaucoup de mouvements de caméra, comme dans les scènes d'action. Les images se mélangeaient ensuite étrangement à celles qui suivaient, puis tout redevenait normal. Les plans un peu sombres n'étaient pas très détaillées. Dans ce cas, l'image ressemblait souvent à une bouillie de pixels marrons. C'était le cas du célèbre "baiser inversé" entre Peter Parker et Mary Jane, une scène inoubliable qui avait lieu après une bagarre sous la pluie, dans une rue peu éclairée de New York. Le plus amusant était la voix des acteurs qui faisaient le doublage. Comme ces films américains étaient disponibles au Québec avant de l'être en France, on les trouvait le plus souvent dans des versions doublées avec l'accent de Robert Charlebois. Tabernacle ! L'homme araignée en québecois, ça vaut son pesant de cacahuètes. Après tout, c'est gratuit. On ne va pas faire la fine bouche me disais-je. (écrit le: 2016-05-28) catégorie: cinéma - année: 2002

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