Nuit blanche sur Sim City 4 cliquez pour afficher en grand

date: lundi 25/08/2003 (27 ans) lieu: Houilles

Les jeux de stratégie/gestion sur PC permettent de créer un monde en exploitant les ressources mises à notre disposition. Sim City est le jeu le plus représentatif de cette catégorie, et sans doute l'un des plus connus. On y joue le rôle d'un Maire qui construit une ville en définissant trois types de zones (résidences, commerces et industries), et en cherchant à augmenter le nombre d'habitants: les Sims. J'y jouais le soir, après le travail. A mesure que je commençais à me passionner pour ce jeu, mes heures de sommeil disparaissent dans une zone "grise" dans laquelle j'oubliais tout le reste. D'autant qu'en ce mois d'août, la chaleur caniculaire m'obligeait à vivre la nuit. En tant que touriste, j'avais aimé Londres, Barcelone, et je revenais de Berlin. Après avoir visité des villes aussi belles, on a envie de les recréer dans ce jeu. C'est ce que je faisais, passant des heures à créer ma ville parfaite. On commence par créer la région dans l'éditeur de paysage. Puis on prend les rennes de la Mairie, la partie la plus intéressante mais aussi la plus difficile, car il faut garder le budget à l'équilibre. On peut organiser des échanges commerciaux avec les villes des alentours. On dispose des immeubles de service public (Hôpital, Pompier, Police,...), mais aussi des routes, des parcs... Il faut aussi penser au réseau électrique, aux tuyaux d'eau. La carte est de forme carrée. Chaque "objet" du jeu a une influence à 360° autour de lui, mais les bâtiments et les routes sont à angle droit. Tout le problème consiste donc à faire entrer des petits carrés dans des cercles d'influence plus ou moins larges. C'est la quadrature du cercle! Pour corser la difficulté, le jeu oblige constamment à faire des emprunts et à micro-manager les dépenses de chaque administration en fonction du nombre d'habitants. Arrivé à un certain niveau d'endettement, il devient extrêmement difficile de faire quoi que ce soit, on doit même rogner sur les frais d'entretien des routes pour continuer à jouer. Les Sims nous font payer cette mauvaise gestion en quittant la ville, et on efface la partie pour recommencer. Heureusement, on ne devient pas Maire de cette cité virtuelle grâce à une élection démocratique! De la même façon, il est impossible d'avancer dans le jeu dès qu'on essaye de prendre des décisions bien "françaises" (mettre des centrales nucléaires, augmenter les impôts, limiter le développement urbain, protéger l'environnement, installer des lignes de transports en commun,..). Si vous faites ça, le nombre de chômeurs explose et vous devez tout recommencer. Qui a dit que les jeux vidéos n'étaient pas politisés! Pour attirer rapidement de nouveaux habitants, le mieux est d'appliquer des préceptes que Ronald Reagan approuverait sans doute: favoriser le véhicule individuel, les industries polluantes et les centrales à charbon, baisser les taxes et prendre un arrêté pour autoriser les jeux d'argent. Hé oui, les concepteurs du jeu sont américains... Je suis même surpris qu'on ne puisse pas gérer le niveau de corruption des flics pour tirer parti du trafic de drogue ! Point de salut en dehors de la méthode "Made in USA". On pouvait quand même développer des industries de pointe "non polluantes" après avoir traversé une longue phase laborieuse. Mais j'étais impatient, et je n'étais jamais satisfait du résultat en suivant ces règles sur de courtes périodes de temps. J'avais trouvé un moyen efficace de fabriquer ma cité idéale: je trichais. En tapant le code "WEAKNESSPAYS" à l'écran, "la faiblesse paye" en français, je remplissais mon compte en banque. J'achetais de nouvelles routes, je fabriquais une ferme à la campagne. Je construisais cette villa au bord de l'eau dans cette ville utopique qui me faisait rêver, comme quand je jouais, enfant, avec mes maquettes de trains miniatures. Avec des ressources illimitées, cette ligne de train ne m'avait rien coûté, mais personne ne l'utilisait car les habitants devaient...marcher pour aller de chez eux jusqu'à la gare. Sur ce point, le jeu est assez fidèle à la réalité. Si l'arrêt de bus est à plus de 10 mètres de chez eux, les "Sims" ne l'utilisent pas. Vous avez dit "fainéants"? Notez que si vous mettez des arrêts de bus partout, ça ne résout pas le problème, à cause des embouteillages qui bloquent la circulation. Rendons hommage à Will Wright, le concepteur du premier Sim City, qui a réussi à intégrer les conséquences des pires défauts humains dans son jeu. Côté graphismes, l'interface est colorée et les animations sont superbes. Il suffit de regarder ces immeubles sortir de terre, c'est fascinant. La musique est assez légère, tantôt jazzy, tantôt planante. Elle vous invite à rester des heures devant votre écran. Je me souviens avoir passé des nuits blanches à peaufiner des cités qui finissaient détruites par un incendie en quelques minutes. Que reste-t-il de ces séances interminables ? Des cendres... mais pas que ça. Ce qu'on apprend avec ce jeu vidéo reste en nous de manière indélébile. Nos actes ont des conséquences, parfois à court terme, parfois à long terme. Dans ce jeu d'échecs (au sens propre et au figuré) à visage "urbain", il faut réfléchir avant de prendre chaque décision. Heureusement, il est possible d'arrêter le cours du temps dans Sim City. On a pas cette chance dans la vraie vie. (écrit le: 2014-12-08) catégorie: jeux vidéo - année: 2003

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Jim Power cliquez pour afficher en grand

date: samedi 25/04/1992 (16 ans) lieu: St Leu la Forêt

J'ai récupéré une nouvelle démo de jeu vidéo pour mon ordinateur Amiga. Ça s'appelle "Jim Power". Le personnage ? Une sorte de body-bulder au visage enfantin, avec une casquette et des lunettes de soleil. Il saute d'une plate-forme à l'autre en tirant sur des ennemis extra-terrestres. En même temps que je joue, j'écoute l'album de Nirvana en boucle sur mon lecteur de CD. Ça recouvre la musique du jeu composée par Chris Huelbeck, un nom qui est pourtant signe de qualité. Les couleurs du jeu (orange, vert et marron principalement) font mal aux yeux, et les graphismes sont infâmes, mais je joue quand même. Je me lassais très vite des anciens jeux, il me fallait de la nouveauté même si cela m'obligeait à gratter les fonds de tiroir. Le personnage était vraiment difficile à maîtriser, je recommençais donc régulièrement cette démo. J'essayais de finir sans me faire toucher par les abeilles géantes ou tomber sur des pics acérés, ce qui tuait le personnage dans une animation indigente. La raison pour laquelle j'étais quand même assis devant mon écran à jouer à cette poubelle vidéo-ludique ? C'est simple. Tout était bon pour ne pas faire mes devoirs... J'avais besoin d'un exutoire, et cet ordinateur me le fournissait à peu de frais. Ça calmait mon stress, mes crampes d'estomac disparaissaient. (écrit le: 2014-11-23) catégorie: jeux vidéo - année: 1992

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Notre-Dame de Bury cliquez pour afficher en grand

date: lundi 11/06/1990 (14 ans) lieu: Margency

Pour la rentrée de septembre, ma mère m'inscrit dans un lycée privé à Margency. Elle avait constaté l'effet bénéfique des méthodes éducatives de cette école sur ma grande soeur. Elle espère qu'il en sera de même pour moi, même si elle ne m'a pas demandé mon avis. Cet établissement assure principalement l'enseignement secondaire pour les enfants des villes avoisinantes. Le catéchisme y est assuré par des pères maristes. Ils s'occupent de l'éducation religieuse facultative. C'est la première fois que je ne serai pas scolarisé dans une institution publique. Le proviseur souhaite me rencontrer, ma mère va donc m'accompagner là-bas. Cet établissement privé sous contrat s'appelle "Notre-Dame de Bury". J'aurais du me méfier, ou disons me préparer. En anglais "to bury" signifie "enterrer", c'est la sensation que me fait cet endroit en y entrant. Le domaine, qui appartient aux pères, est assez grand. Il y a un château du XIXème et un grand parc à entretenir. Dans des constructions d'un ou deux étages se trouvent les classes. Nous arrivons dans le bâtiment moderne mais déjà bien fatigué où se trouvent les lycéens. Le proviseur a un bureau au rez-de-chaussée, il nous invite à entrer. Il me pose des questions, sur ce que je souhaite faire dans la vie. On dirait un entretien d'embauche, sauf que je ne m'étais pas du tout préparé à ça. "Qu'est-ce que tu regardes à la TV?". Je me voyais mal lui répondre que je passais mon temps devant le "Club Dorothée". Épuisant dans ma tête la liste des programmes tous plus inavouables les uns que les autres, j'ai fini par répondre "La Météo" en bafouillant. Ça l'a bien fait rire. Je me souviens aussi de ses airs supérieurs. J'avais les larmes aux yeux, de celles qui montent quand on se sent impuissant. Il devait avoir l'impression de nous rendre à ma mère et à moi un immense service en m'acceptant dans "son" école. J'avais surtout le sentiment de lui inspirer de la pitié, au regard de mes bulletins de note et des revenus pourtant honorables de ma mère. Il faut dire que l'admission se fait sur la base de critères scolaires et financiers, le tarif évoluant en fonction du quotient familial. Je mettais les pieds dans un univers totalement étranger à mon mode de pensée. Beaucoup d'élèves de Bury étaient plus doués que moi, ce qui n'était pas difficile, et les revenus de leurs parents dépassaient largement la moyenne nationale. Encore peu enclin à soutenir une confrontation, je faisais aussi l'entrée dans un monde compétitif qui ne me plaisait pas. J'étais prêt à me faire gober comme un huître. Je n'ai compris cela qu'après les vacances scolaires... (écrit le: 2014-11-23) catégorie: scolarité - année: 1990

Migraines ophtalmiques cliquez pour afficher en grand

date: mercredi 15/04/1998 (22 ans) lieu: Strasbourg

Je travaille beaucoup pour atteindre mon objectif, passer mon BTS comptabilité-gestion. En même temps, je continue mon stage de comptable dans la salle de Café-Théâtre qui m'accueille en alternance une semaine sur deux avec l'école. J'ai le sentiment de devoir franchir une barre qui est placée très bas, si je regarde mes compétences en toute objectivité. Mais cette barre pourrait me faire trébucher tant elle est stressante pour moi. Derrière un échec, je n'aurais d'autre choix que de partir au service militaire sans autre diplôme que mon baccalauréat. Je suis bien loin de mes ambitions d'adolescent. Pour éviter de faire un faux pas, je révise mes cours, je rédige mon dossier-mémoire, et je dors très peu. Quand je n'ai pas assez dormi, et que je me concentre sur un écran, je m'expose directement à une conséquence inévitable, la migraine ophtalmique ou migraine "accompagnée". Le cerveau nous joue parfois des tours improbables. J'imagine que les adeptes des paradis artificiels voient aussi toutes sortes de choses défiler devant leurs yeux quand ils se shootent. Voici l'expérience que me provoquent ces migraines... Je ressens d'abord une fatigue oculaire, et une grande sensibilité à la lumière. Ensuite, vient un petit point lumineux clignotant quelque part dans mon champ de vision. Ce point commence à s'étendre comme une tâche, sur laquelle mon regard n'arrive pas à se poser. C'est un peu comme une guirlande de Noël composée de tout petits points de lumière qui clignotent indépendamment les uns des autres. Les médecins appellent cela des scotomes. La tâche s'étend et devient de plus en plus translucide. Même en gardant les yeux fermés, cette pollution visuelle est présente. Inutile de dire qu'à cette étape j'essaye de m'isoler dans le noir et de ne pas trop bouger. On ne voit pas grand-chose et on est un peu déboussolé dans cette situation. Cela m'oblige à arrêter complètement le travail que je suis en train de faire. Ce genre de migraine arrive toujours au moment où on ne l'attend pas. Si on ne peut pas s'enfermer dans le noir, la seule chose à faire est de fixer un objet du regard. Si on nous pose des questions, il suffit d'expliquer la situation, si on y arrive ! Puis la tâche vibrante quitte doucement le champ de vision. C'est là que la douleur commence. Le mal de crâne arrive très fort, comme un étau qui entoure la tête, des vagues lancinantes de pointes enfoncées dans le cerveau. C'est à ce moment que je prends un comprimé d'ibuprofène. En général, ça calme un peu l'inflammation. On est partagé entre la joie de retrouver la vue et la peur de devoir affronter la souffrance physique, on a plus que ses yeux pour pleurer. Ce sentiment ambivalent est très déstabilisant. Les gens qui n'ont pas vécu cette expérience ne comprennent pas ce qui nous arrive. Le corps nous dit stop, et on est las. Toute résistance est inutile, signe que le repos est absolument nécessaire. Je suis hypermétrope, mais je n'avais pas de lunettes de vue. Même quand j'ai eu des lunettes par la suite, si la correction n'est pas bonne, les migraines arrivaient plus souvent. Je me suis demandé si la cause venait de là. Ce type de migraine pouvait arriver fréquemment, une à deux fois par mois. Cela n'arrive probablement que les jours où je n'ai pas assez dormi, mais c'est assez terrifiant. Quand je les sens venir, j'essaye de les empêcher en arrêtant immédiatement de travailler ou de me concentrer. Parfois, ça marche. (écrit le: 2014-10-04) catégorie: santé - année: 1998

Avant de partir au service… cliquez pour afficher en grand

date: jeudi 30/07/1998 (22 ans) lieu: Saint-Leu-la-forêt

Plus que quelques jours avant de devoir partir faire mon service militaire. De passage en région parisienne pour dire au revoir à ma mère, je suis stressé. J'ai surtout mal aux dents. Plus précisément, j'ai une dent de sagesse qui pousse. Ma gencive est infectée, à droite, au fond de la bouche. Ma mère prend un rendez-vous avec la remplaçante de la dentiste, partie en vacances tout le mois de juillet. Cette jeune femme regarde le fond de ma bouche écarlate. Elle me demande si j'ai pris un anti-inflammatoire. Je lui réponds que non, j'ai pris un comprimé d'ibuprofène. Elle me répond que c'est un anti-inflammatoire ! Après quelques hésitations, elle remarque ma molaire du haut qui semble un peu saillante et décide de la limer pour éviter que ma gencive du bas saigne. Je rentre à la maison mais j'ai toujours mal, cette dentiste a du louper quelque chose. Je sens avec ma langue comme un morceau de dent qui bouge en bas. Je m'enferme dans la salle de bain. Avec mon index, j'essaye de l'enlever en poussant avec mon ongle, mais ça résiste. J'ai du sang plein la bouche et sous mes ongles. Le morceau finit par venir, mais ça ne provient pas d'une dent. C'est de l'os, un petit tétraèdre de 3mm environ, responsable de ma grande douleur depuis quelques semaines. En poussant, la dent de sagesse l'avait détaché de ma mâchoire. Cette fois, le problème est réglé, je peux partir à l'armée l'esprit tranquille. Sans que cela ait le moindre rapport, ma mère m'offre un couteau suisse, en m'expliquant que ça va me servir dans les prochains mois. Je dois dire qu'elle avait complètement raison. (écrit le: 2014-09-14) catégorie: service militaire - année: 1998

Un enfant sage cliquez pour afficher en grand

date: samedi 05/05/1990 (14 ans) lieu: Colombes

Christine m'offre un livre de Jean-Denis Bredin paru chez Gallimard, « Un enfant sage ». Elle rajoute une note manuscripte sur la page de garde qu'elle termine par: "...nous en reparlerons...". La politesse extrême de cet enfant lui rappelle mon caractère. C'est l'histoire d'un garçon dont les parents sont divorcés. Il obéit à tous les ordres de son père et de sa mère, qui viennent de deux univers très différents. L'action se situe dans les années 30 et s'inspire fortement de la vie de l'auteur. Ça ne me dérangeait pas de lire des romans, mais celui-ci était sans doute trop sérieux. Je crois me souvenir de ne pas avoir apprécié l'ambiance stricte et le désarroi que vivait le personnage principal, plus jeune que moi. Quand on m'a donné ce livre, il est possible aussi que je l'ai ressenti comme une nouvelle tentative de me catégoriser: timide, étourdi et maintenant... sage, trop sage. Quand on essaye de capturer un adolescent, il s'échappe. Les grosses ficelles de ceux qui pensaient devoir me bousculer pour me faire réagir, je les voyais arriver à des kilomètres. Pour me dire ce que je devais faire, il suffisait de me le demander, et quand on me posait une question, je prenais le temps avant de répondre. Tout cela n'explique pas vraiment mon état d'esprit à l'époque, mais les coups que je prenais dans la figure me faisaient plus mal que ce que je voulais bien exprimer. Revenons au livre. Sans doute l'auteur voulait-il exorciser son excès de docilité, ce comportement qui a accompagné la séparation de son père et de sa mère. On finit par dire à chacun d'entre eux ce qu'ils veulent entendre, pour leur faire plaisir. C'est une réaction que doivent avoir eu de nombreux enfants, comme moi, dans cette situation. Ce réflexe n'aide évidemment pas un individu à se définir lui-même comme la synthèse de deux parties, lorsque celles-ci se déchirent. Comment suis-je né, et de quelle façon se comporter, si les personnes dont je suis issu ne s'accordent sur rien ? Il est difficile de répondre à cette question avant d'avoir pris un peu de bouteille. J'imagine qu'à 60 ans, Bredin avait l'expérience nécessaire pour accepter la situation et rédiger ce livre. (écrit le: 2014-09-13) catégorie: livres - année: 1990

Une swatch sur les Champs-Élysées cliquez pour afficher en grand

date: samedi 06/12/1986 (11 ans) lieu: Paris

Pour notre anniversaire, mon père et Christine vont nous offrir une montre Swatch. Je n'avais jamais mis les pieds dans la boutique des Champs-Élysées et j'étais émerveillé par tous les modèles exposés. Je me souviens des montres colorées, brillantes, elles étaient toutes originales, on peut dire aussi un peu 'kitsch'. La plupart d'entre elles sont complètement démodées aujourd'hui. J'ai flashé sur une montre transparente, avec un cercle jaune-vert fluorescent tout autour du boitier. L'aiguille des heures est rose fluo, celle des minutes représente un éclair blanc et la trotteuse est vert foncé. Le bracelet est en plastique gris. C'est celle là que je veux, elle me plaît! Le modèle s'appelait 'Techno Sphere'. Ma grande soeur a choisi également une montre partiellement transparente. Elle était plus petite (bien sûr, un modèle féminin). Le décor au fond du boîtier représentait une paysage marin stylisé: le bleu du ciel, la mer turquoise et des végétaux au premier plan. Pour suivre cette logique, les deux morceaux du bracelet étaient bleu ciel en haut et bleu turquoise en bas, avec une boucle rouge. C'était le modèle 'Black Coral'. On est sorti de la boutique avec les longues boîtes transparentes contenant nos montres, et on était vraiment contents. Je crois qu'ils n'auraient pas réussi à trouver un plus beau cadeau d'anniversaire à nous faire que celui-là. Malheureusement, nous n'en avons pas vraiment pris soin. Ces montres sont fabriquées dans un plastique assez fragile, et leur point faible est le cadran qui se raye très facilement. J'étais également déçu par la qualité du plastique transparent du boitier qui devenait de plus en plus jaune, et le bracelet s'abîmait. Au bout d'un an ou deux, on ne pouvait plus les mettre. La Swatch est un produit périssable, un accessoire de mode qui capte l'essence d'une époque. J'étais assez amoureux de celle-là. (écrit le: 2014-07-24) catégorie: cadeaux - année: 1986

Wyplayer cliquez pour afficher en grand

date: mardi 07/04/2009 (33 ans) lieu: Carrières-sur-seine

Le décodeur TNT, la box internet, les consoles de jeu, l'ordinateur et le lecteur de DVD/Divx… tout ces appareils s'accumulaient sous ma télévision. Mes télécommandes remplissaient un meuble, certaines ne fonctionnaient plus, à d'autres il manquait des piles. J'essayais désespérément de trouver un appareil qui remplisse toutes les fonctions: lire des vidéos, regarder la télé, l'enregistrer, regarder des podcasts. Je me tenais donc régulièrement au courant des dernières nouveautés en matière d'appareils à brancher sous mon téléviseur pour simplifier tout ça. La société Wyplay communiquait depuis quelques jours sur la sortie de son appareil: le Wyplayer. Sur le papier, cette machine faisait tout. Décoder la TNT HD, enregistrer les programmes sur disque dur, le timeshift, guide des programmes, lecture des vidéos divx, connexion à internet (en Wifi ou Ethernet). J'achète le décodeur 314€ après avoir lu l'article de SVM Mac. A la réception du paquet, je constate que la machine est solide, démarre facilement et affiche bien les chaînes en HD. J'essaye ensuite de lire des vidéos, qui passent presque toutes sans problèmes. L'enregistrement des chaînes HD est plus difficile que prévu: l'interface devient très lente dès que j'essaye de regarder la TV en même temps. Mais les problèmes commencent vraiment au bout de quelques jours, car il faut relancer régulièrement la machine sans quoi elle s'arrête de fonctionner. Mes enregistrements programmés ne sont donc pas toujours effectués. Tout cela me gêne un peu mais après tout, la société Wyplay nous annonce des mises à jour qui devraient résoudre ces problèmes. J'attends, mais je ne vois rien venir. Je passe mon temps sur des forums d'utilisateurs, tous plus ou moins mécontents de leur décodeur. Certains n'arrivent pas à recevoir les chaînes de la TNT, ce qui était lié à leur installation probablement. Les développeurs du produit participaient également à ces forums, mais ils ont rapidement arrêté de le faire car ils ont senti une atmosphère hostile s'installer. Ce que j'attendais avec impatience, c'était de pouvoir streamer mes vidéos stockées sur mon PC vers l'écran de la TV avec la Wyplayer. Mais c'était impossible en attendant cette mise à jour. Pour aider les nouveaux utilisateurs, j'ai créé un guide utilisateur sur un site que j'ai créé (http://www.propofyl.fr). Il me faudra presque un mois pour réunir toutes les informations et mettre en ligne la page Mediawiki au mois de septembre. Mon projet a peut-être eu l'avantage de clarifier les annonces disséminées au compte-gouttes sur les quelques 300 pages de forums. Pourtant j'ai senti assez peu de soutien de la part des autres utilisateurs de ce décodeur. Cet appareil nouveau, fabriqué en France aurait du être pris pour ce qu'il était: un expérimentation assez bien menée. Mais les français sont des râleurs, et ils considèrent que tout produit doit être parfait à sa sortie. Je voyais les choses autrement, mais j'avais du mal à comprendre que le firmware n'évolue plus du tout, ce qui signait la mort de cette machine dysfonctionnelle. J'ai du arrêter les frais quand j'en ai eu assez de redémarrer la machine une fois par jour, fin 2010. Je l'ai donné à ma mère, qui me l'a rendu quelques mois plus tard, car l'image bloquait trop souvent. Quand j'ai essayé de la revendre sur Priceminister, j'ai eu une longue attente avant de trouver une personne intéressée. J'ai ensuite eu droit à un retour produit à mes frais car l'acheteur n'arrivait pas à la faire fonctionner. Quand le paquet m'a été retourné, j'en avais assez et la Wyplayer a fini à la poubelle. Heureusement, j'avais acheté un Mac Mini, beaucoup plus cher, mais qui a rempli complètement les besoins qui étaient les miens. (écrit le: 2014-06-07) catégorie: télévision - année: 2009

Copier des disquettes cliquez pour afficher en grand

date: mercredi 15/01/1992 (16 ans) lieu: Margency

Un de mes camarades de classe possède des jeux vidéo sur disquettes pour l'ordinateur Amiga 500, que je possède également. Je vais parfois le ramener chez lui sur le porte-bagage de ma mobylette, ce qui était dangereux car il n'avait pas de casque. Il me prête parfois des jeux que je copie avec le logiciel X-Copy. Il n'y avait aucune protection. Même si les disquettes vierges coûtaient beaucoup moins cher que les jeux originaux, ça commençait à faire de grosses dépenses. Surtout quand le jeu tenait sur 9 disquettes (comme « Legend of Kyrandia »!). Il arrivait souvent que j'efface un jeu auquel je ne jouais plus pour arriver à copier l'intégralité d'un nouveau titre. Cependant, tous les modèles ne convenaient pas à l'utilisation qu'on voulait en faire. Simple couche, double couche, haute densité,... la quantité de données qui pouvaient être copiées dessus passait de 360 Ko à 1,4 Mo. Ce support était extrêmement lent en comparaison des disques durs, et trop restreint, déjà à l'époque. Le lecteur faisait un bruit de brosse métallique ou une sorte de cri d'animal assez rauque. Avec les démos qui étaient distribuées dans des magazines, les disquettes vierges achetées au supermarché, les jeux originaux et les compilations, je croulais littéralement sous ces petits rectangles en plastique. D'ailleurs, certaines ne fonctionnaient plus du tout, car elles se démagnétisaient très facilement, ou bien le cache métallique ne s'ouvrait tout simplement plus car le ressort était cassé. Ce n'était pas le plus sûr moyen d'archiver ses données. Les disquettes étaient donc destinées à disparaître, malgré le côté « portable » bien pratique. Il a fallu attendre les graveurs de CD et les clés USB vers 2001-2002 pour les remplacer définitivement. C'est d'autant plus frappant que le logo qui symbolise la sauvegarde de données dans les interfaces informatiques reste cette disquette, alors que les plus jeunes d'entre nous n'en n'ont jamais touché une de leur vie. (écrit le: 2014-05-08) catégorie: jeux vidéo - année: 1992

La mort de Kurt Cobain cliquez pour afficher en grand

date: mardi 05/04/1994 (18 ans) lieu: Strasbourg

Le choc de la nouvelle m'a fait bondir. Comment en est-il arrivé là ? Rien ne pouvait arriver de pire pour moi que la mort de Kurt Cobain, si ce n'est que ce soit un suicide. C'est un peu comme si on m'avait amputé d'un bras. Toute la musique que j'écoute à l'époque est influencée par lui, ou son groupe, Nirvana. J'écoutais en boucle les albums Bleach, Nevermind et In Utero. J'y trouvais un univers qui me réconfortait. En classe, je tapais sur la table avec un stylo le rythme des chansons qui ne quittaient pas mon esprit: Lithium, Dumb, Aneurysm, Drain you,... Je fredonnais « The Man who sold the World » de Bowie, repris par Cobain dans ce fameux show « Unplugged in New York ». Ce n'est que plus tard que j'ai compris dans quel situation inextricable il était en 1994. Ses contradictions intérieures étaient pourtant bien visibles: il voulait réussir dans la musique, pas devenir célèbre. En conflit avec ses proches, drogué, sous médicaments, souffrant d'un ulcère,... j'en passe. Je m'imaginais, omniscient, remontant le cours du temps. J'allais réconforter cet homme avant qu'il passe à l'acte, essayant de trouver des solutions là où il n'en avait trouvé aucune. Puis je me réveillais, frustré, inutile, incapable de changer le passé: comme tout le monde. Personne n'aurait voulu être à sa place, si seulement on avait su l'enfer qu'il vivait au quotidien. Son attitude "punk" pure et dure lui valait l'inimitié de la plupart de ses pairs. Il maîtrisait l'ironie dans un pays qui la pratique si peu. Il était atteint d'une maladie mentale, probablement une bipolarité, qui l'empêchait de vivre une vie "normale". Seule la musique lui permettait de toucher du doigt ce qu'on cherche tous à atteindre, la plénitude, le nirvana. Comme la plupart des français, j'ignorais tout du massacre qui avait lieu au Rwanda à ce moment précis. (écrit le: 2014-04-05) catégorie: musique - année: 1994

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