Le Grand Journal cliquez pour afficher en grand

date: mercredi 20/09/2006 (30 ans) lieu: Paris

Je vais de temps en temps sur le plateau de l'émission "Le Grand Journal" en tant que spectateur dans le public. On nous installe sur des gradins en forme de cercle autour d'une grande table triangulaire. Quand on regarde l'émission sur l'écran, il nous semble que le lieu de tournage est immense, mais une fois sur place on se rend compte que le plateau est plutôt exigu. La très courte focale des objectifs fixés sur les caméras qui filment les plans d'ensemble donne cette impression. Pour s'inscrire, il suffit d'envoyer un message à la société qui organise la présence du public. Puis on se présente au 2 rue des Cévennes dans le 15ème, environ une heure avant le direct, pour être installé sur les places assez peu confortables il faut l'avouer. Un physionomiste détecte les personnes les plus belles (hé oui) afin de les positionner juste derrière Michel Denisot. Puis, un chauffeur de salle arrive pour mettre l'ambiance. Je me souviens de Thomas N'gijol en train de faire le pitre pour réussir à nous dérider avant le début de l'émission. En 2006, j'avais été placé derrière les invités, si bien qu'on me voit derrière Alain Souchon et Lily Allen. Comme Patrick Devedjian était présent en première partie, on me voit un peu faire la gueule. J'y étais allé en 2007 avec Marc. Sogolène Royal était présente. Manu Chao devait être là, mais il a finalement annulé sa présence, ce qui nous avait beaucoup déçus. Je soupçonne la physio de nous avoir mis en haut des gradins pour éviter que Marc soit filmé. Une autre fois, le 14 septembre 2009, j'étais assez bien placé. C'était François Hollande qui était invité en première partie, ainsi que Justine Levy. En deuxième partie, il y avait Patrick Timsit et Michel Cymes. A chaque fois que je me trouvais dans le champ de la caméra, j'avais l'impression d'être une star. (écrit le: 2021-04-26) catégorie: télévision - année: 2006

Une vérité qui dérange cliquez pour afficher en grand

date: dimanche 11/02/2007 (31 ans) lieu: Carrières-sur-seine

Je ne crois pas être quelqu'un d'influençable. Et pourtant, il a suffit d'un film pour m'aider à prendre conscience d'un problème auquel je n'avais pas vraiment pensé jusque là. La pollution visible, le manque de considération pour notre environnement, la destruction de la faune et de la flore, tout cela n'avait pas de secret pour moi. Je me rendais compte que j'avais peu de moyens d'agir, et j'avais presque réussi à me convaincre qu'il n'y avait rien à y faire. Mais depuis la canicule de 2003, une vérité échappait à mon esprit focalisé sur mon travail, mon quotidien et l'organisation d'un mariage qui avait lieu en juillet. Al Gore, cet ancien vice-président des USA, était passé à deux doigts d'être élu président lui-même. Le scrutin de 2000 était entaché de quelques irrégularités, mais on ne va pas refaire l'histoire. Dès lors, il était assez disponible pour se consacrer à d'autres tâches, comme parcourir les Etats-Unis et d'autres pays pour présenter ses découvertes sur... le réchauffement climatique. Car c'est la première fois que je comprends ces mots, même si je les ai entendus souvent jusqu'à cette date. Ce film documentaire réalisé par Davis Guggenheim alterne le one-man-show du politicien dans des amphithéâtres, et des images de sa vie quotidienne, alors qu'il répond à une interview sur sa vie en voix off. L'exposé est simple, compréhensible, indéniable. La très grande majorité des scientifiques s'accordent à le dire, mais ils crient dans un désert. D'ailleurs, le désert est l'environnement qui va sans doute finir par recouvrir la plupart des surfaces émergées de la Terre d'ici quelques décennies. En tout cas, la survie de l'espèce humaine est en jeu. La faune et la flore finiront par revenir, mais qu'en est-il de nos enfants, et des enfants après eux ? Pas d'avenir, ou en tout cas un avenir peu radieux, avec des températures caniculaires toute l'année. Al Gore commence tout simplement par rappeler le principe d'incertitude et les bases de la technique scientifique. Dans sa présentation, il utilise un écran géant, des dessins animés, des graphiques et l'humour ou l'ironie. Tout est éminemment visuel. Comment faire comprendre au plus grand nombre ce qui est si compliqué à voir ? Le CO2 est invisible, mais plus on en consomme, et plus l'économie se porte bien. Il est donc logique que les acteurs économiques aient intérêt à ne pas freiner la consommation de combustibles fossiles. Le problème est que cette tendance s'aggrave, car les pays émergents rattrapent leur retard sur les pays riches car ils puisent dans leurs gisements de gaz, charbon et de pétrole. Et la seule réponse que l'on imagine apporter à ce danger, c'est la technologie. Toujours plus de technologie, alors qu'il faudrait surtout moins de consommation d'énergie. La sobriété, à laquelle personne ne souhaite s'astreindre, ou plutôt à laquelle on souhaite que "les autres" s'astreignent. Car il en est de ce sujet comme de celui de la pauvreté ou des guerres. "Débrouillez-vous, car je ne suis pas coupable" nous semblent dire les masses silencieuses dont je fais partie. C'est cette passivité que je ressens tout d'un coup comme une faute. Ce film a profondément influencé ma vie. Et à compter de cette date, toute ma grille de lecture, tous mes choix se feront à l'aune de la lutte contre le réchauffement climatique. A-t-on vraiment besoin de rouler si vite sur l'autoroute ? Comment capter le CO2 qui sort inexorablement des cheminées et des pots d'échappement ? Ai-je vraiment envie de manger une mangue qui vient du Pérou ? Je remets en cause mes décisions antérieures, et pèse le poids de la responsabilité de faire naître un enfant dans ce monde condamné. Se pose alors la question de la méthode utilisée pour que le doute s’immisce dans les esprits, y compris celui de représentants de la communauté scientifique. L'homme est-il à l'origine du réchauffement ? Comment se fait-il que nous n'ayons pas vu le fossé qui existait entre les rapports sérieux et les articles de presse ou les débats télévisés qui terminaient souvent par une absence de conclusion entre l'origine humaine ou celle de la nature. La raison est simple, pour alimenter le débat et la "culture du clash", on oppose l'un des milliers de chercheurs qui savent ce qui nous attend dans 25 ou 30 ans à un soi-disant expert qui prétend, sans prouver quoi que ce soit, que tout cela est une théorie et que rien ne permet de conclure à l'influence de l'homme. Ce statu quo a duré quelques années, et nous a permis de continuer à polluer sans se sentir coupables. Mais il a bien fallu se rendre à l'évidence, et installer des climatiseurs dans les Ehpad pour éviter de voir mourir tous nos anciens chaque été. Il reste quelques climato-sceptiques, surtout aux USA, mais on voit désormais concrètement les effets du réchauffement. Crues, inondations, tempêtes, disparition des glaciers et de la calotte glaciaire... Vient alors le temps du désespoir. Al Gore nous met en garde, et nous invite à rester entre ces deux extrêmes: le déni ou la dépression. Rester conscients, mais se dire que tout est encore possible et que l'être humain ne va pas disparaître, même si on peut imaginer que les conséquences du réchauffement vont mettre un frein à son expansion. Si nous arrivons un jour à dix milliards d'êtres humains, et nous y arriverons, il sera sans doute impossible de maintenir une certaine qualité de vie à tous. La grande pauvreté, que certains pays ont réussi à réduire fortement ces dernières années, va toucher de plus en plus de gens. Les réfugiés climatiques en sont les premiers représentants. Comment agir ? Le documentaire y répond en partie, avec les solutions imaginables en 2006... En fait, chacun d'entre nous peut agir pour réduire, recycler et ré-utiliser, ce sont les trois "R". Mais le chemin pour parvenir à la diminution des émissions de gaz à effet de serre est semé d'embûches. La première est l'absence de tableau de bord, le fait qu'on ne voit pas l'influence de nos choix sur l'environnement, et qui les rend inutiles à nos yeux. D'ailleurs, notre horizon sur ce point se limite souvent à notre quartier, notre région ou notre pays. La seconde est notre addiction aux énergies fossiles. Notre plaisir et notre confort augmentent à mesure qu'on rejette du CO2 dans l'atmosphère. La troisième est bien sûr le mirage de l'invention providentielle, qui n'arrivera pas. Pour donner un exemple, ce n'est pas la voiture électrique qui va résoudre le réchauffement climatique. Le générique de fin l'explique assez bien, c'est un ensemble de mesures qui vont nous mettre sur la bonne voie: planter des arbres, économiser l'énergie, choisir des fruits et légumes de saisons... On sort de ce film secoué, mais motivé par l'objectif de sauver notre mode de vie. Dans le film "Une suite qui dérange" réalisé en 2017, juste après l'élection de Donald Trump, Gore y expose ses doutes d'arriver un jour à ce résultat. (écrit le: 2021-03-31) catégorie: cinéma - année: 2007

Xbox 360 cliquez pour afficher en grand

date: lundi 20/02/2006 (30 ans) lieu: Carrières-sur-Seine

J'avais envie d'acheter la nouvelle console de Microsoft. Possesseur de la première Xbox, les présentations commerciales m'avaient donné envie de profiter des qualités de cette nouvelle machine. La transition n'était pas facile, car je sortais d'une période où tous les jeux de ma console actuelle étaient piratables, donc accessibles gratuitement. J'allais désormais devoir payer pour jouer ! Au début, j'avais mes jeux de la génération précédente dont certains étaient rétro-compatibles avec la 360. Je jouais donc à Halo 2 en ligne avec mon abonnement au Live. Puis j'ai acheté une simulation de Tennis de table assez déjantée « Rockstar Table Tennis ». J'ai eu « Gears of War », « Call of Duty 4 Modern Warfare », « Forza Motorsport 2 », « Lost Planet » et « Mirror's Edge » un jeu de parkour en vue à la première personne qui m'a beaucoup impressionné mais difficile à prendre en main. Mon ami Marc avait essayé sans succès d'y jouer. Quand Halo 3 est sorti, je l'ai acheté immédiatement. La grande force de cette console était le réseau pour jouer en ligne, télécharger des démos et des jeux. Après avoir joué de manière intensive à GTA IV en mars 2009, la machine s'est arrêté de fonctionner. J'avais le « Red Ring of Death », une panne très répandue, qui a pour symptôme principal le clignotement de trois lumières rouge en façade de la console. J'ai remplacé cette machine par une autre que j'ai racheté le 12 juin de la même année pour trois raisons: j'avais un équipement (manettes, micros, câbles,...), j'avais des jeux, j'avais un abonnement au Xbox Live. En plus, il y avait une prise HDMI et une connexion wifi sur ce nouveau modèle. Mais surtout, j'avais besoin d'une console pour m'occuper pendant mes périodes de solitude. Véronique était à nouveau à l’hôpital, je me trouvais donc livré à moi-même. Quand le jeu « Limbo » est sorti, je l'ai trouvé tellement extraordinaire que je l'ai recommencé immédiatement. Bien qu'il soit assez court, et dans une ambiance glauque en noir et blanc, c'est devenu mon jeu préféré. Fan de rock depuis longtemps, j'ai eu envie d'essayer « Rock Band ». J'ai acheté le jeu et un guitare en plastique. Mes doigts se raidissaient beaucoup trop vite quand je jouais, donc je n'étais pas très bon. Impossible de toucher la cinquième touche du manche, étant donné que je n'avais que quatre doigts dessus. Je ressentais le frisson de créer de la musique avec mes mains, ce qui ne m'était pas arrivé souvent, à part avec un synthétiseur. A la fin de l'année 2010, j'ai eu raz-le-bol d'avoir des tas de machines (et donc de télécommandes) sous la TV. J'ai revendu beaucoup d'appareils, dont cette console et tous les accessoires, que j'avais depuis à peine plus d'un an. J'ai fait ça aussi pour me prouver que cette période de ma vie était révolue, et qu'à 35 ans il est temps de s'intéresser à autre chose qu'aux jeux vidéo. Au fond de moi, je pensais qu'il était encore temps d'avoir un enfant, même si les chances étaient minces, étant donné que Véronique devait arrêter ses médicaments pour être enceinte. Une chose est certaine, on ne devient pas quelqu'un d'autre du jour au lendemain. Je me suis beaucoup ennuyé pendant les mois qui ont suivi. (écrit le: 2021-03-30) catégorie: jeux vidéo - année: 2006

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Millenium Mambo cliquez pour afficher en grand

date: samedi 03/11/2001 (25 ans) lieu: Paris

Je vais au cinéma avec Isabelle et son petit frère à côté de la place de la Bastille. Le film nommé au festival de Cannes de 2001 est réalisé par le taïwanais Hou Hsiao Hsien. Ce qui m'a marqué d'abord quand j'ai regardé l'affiche, c'est le visage parfaitement harmonieux de l'actrice Shu Qi. J'ai essayé de la dessiner, car elle me fascinait. J'étais assez satisfait du résultat. Cette jeune femme assez connue à Hong-Kong se révèle au public occidental dans ce drame réaliste. L'histoire est celle de Vicky, en couple avec Hao-Hao, un jeune homme violent et très jaloux qui travaille comme DJ dans une boîte de nuit. Ce qui rythme la vie de Vicky, c'est la drogue, l'alcool et le clopes. Elle va quitter son compagnon devenu insupportable et se réfugier chez Jack, un homme plus âgé et un peu mafieux avec lequel elle va nouer une relation ambiguë. Le côté contemplatif et hypnotique de la réalisation est sans doute ce dont je me souviens le plus de ce film. L'intrigue est assez secondaire, et le réalisateur s'en désintéresse assez vite. Il prend visiblement plaisir à filmer l'actrice marcher au ralenti en soufflant de manière désinvolte sa fumée de cigarette. J'avoue n'avoir pas compris les raisons qui poussaient cette magnifique jeune femme dans les bras d'hommes aussi énigmatiques. Il faut dire que j'ai très peu d'expériences des relations amoureuses. La plupart des femmes que j'ai aimé ne m'aimaient pas en retour, et la séduction reste un mystère, ou un poison, selon mon humeur. A la fin du film, les personnages se retrouvent étonnamment dans un ville japonaise enneigée. Ces scènes ont été tournées dans les rues de Yubari, sur l'île d'Hokkaido. Un festival de cinéma y avait lieu tous les ans, ce qui explique que le réalisateur ait pensé à cet endroit pour terminer par une ouverture lumineuse ce film assez noir. Je rêve de visiter le Japon, et j'étais aux anges en sortant de la projection. (écrit le: 2021-03-25) catégorie: cinéma - année: 2001

Visiter des appartements cliquez pour afficher en grand

date: jeudi 17/06/2004 (28 ans) lieu: Carrières-sur-seine

Ce deux pièces au dernier étage d'un vieil immeuble ne nous convenait plus. Il nous faut payer un loyer assez élevé en pure perte. La chaleur de l'été 2003 achèvera de nous convaincre de quitter ce lieu. Nous cherchons à acheter un appartement de trois pièces. Malheureusement, mon salaire est assez faible, et nettement inférieur à celui de ma compagne. Nous devons donc chercher un logement éloigné de Paris, notamment à Cergy-le-haut, Maisons-Laffitte, voire plus loin de Paris… Cela représente une distance importante avec notre lieu de travail, et je ne souhaite pas trop passer deux heures et demi par jour dans les transports en commun. En l'espace de trois mois, nous aurons été dans une vingtaine de lieux tous plus inadaptés les uns que les autres. Aucun de ces appartements ne semble me convenir. C'est peu dire que le sujet des investissements immobiliers ne me passionne pas. Peu motivé par le sujet, je laisse Véronique s'en occuper. Il faut faire un choix stratégique. Soit prendre un appartement plus grand mais trop loin, soit prendre un deux pièces dans le quartier où nous vivons actuellement. C'est cette deuxième proposition qui sera finalement choisie, même si ce n'est pas une très bonne solution si nous devons avoir un enfant par la suite. Un agence nous propose un deux pièces à Carrières-sur-seine, à une quinzaine de minutes à pied de la gare de RER A. Le critère principal du choix est le temps de trajet. Le deuxième critère, c'est de quitter Houilles et nous éviter les blagues débiles de nos amis et de notre famille sur le nom de cette ville. C'est beaucoup plus chic de vivre à Carrières...sur Seine. Après avoir grimpé une côte en marchant pendant un temps qui m'a paru vraiment trop long, nous arrivons dans un quartier flambant neuf construit au dessus de l'autoroute A14. L'ensemble des immeubles suit la courbe de la voie rapide. Nous voici dans l'allée des poètes, une petite impasse avec des jardins au rez-de-chaussée. Arrivée au troisième étage, nous sommes charmés par la vue dégagée qui nous permet de voir jusqu'à Cormeilles en Parisis. Il n'y a pas de vis-à-vis, et l'appartement est orienté au nord. Tout le contraire de notre appartement de location à Houilles. Il manque des commerces aux alentours, mais il est prévu qu'un centre commercial ouvre bientôt ses portes à 50 mètres. Le prix est assez élevé, mais les frais de notaire sont réduits car l'immeuble est récent. C'est surtout les frais d'agence qui me semblent hallucinants. Nous devrons payer plus de dix mille euros pour rémunérer le travail assez superficiel qu'aura fait l'agent au cours de quelques semaines qui ont séparé la visite de la signature de l'acte d'achat. Nous finissons par voir le notaire au mois d'août et prévoyons d'emménager en novembre. (écrit le: 2021-03-10) catégorie: immobilier - année: 2004

Point finale cliquez pour afficher en grand

date: dimanche 09/07/2006 (30 ans) lieu: Carrieres-sur-seine

Comme en 2004, j'organise un pari sportif avec des collègues. On va enregistrer nos pronostics afin de savoir qui a le plus de talent pour prédire les résultats de la Coupe du monde de football. Il y a une petite base de données que j'ai fabriquée avec Access. J'ai fait en sorte que toutes les informations s'enregistrent automatiquement. J'étais plutôt content du résultat, et les meilleurs joueurs gagnaient quelques centimes quand ils prévoyaient le bon résultat. Si personne ne trouvait, la cagnotte était reportée sur le match suivant. Le jour de la finale est arrivée. Je regarde le match entre la France et l'Italie avec Véronique. Zinédine Zidane termine sa carrière professionnelle, et veut faire forte impression. Il avait fait une démonstration face au Brésil en quart de finale, et avait marqué le penalty de la victoire en demi-finale contre le Portugal. Le match commence assez bien. Un pénalty est accordé aux français suite à une faute de Marco Materazzi, un défenseur assez rugueux, sur Malouda. Zidane le transforme de la manière la plus surprenante qui soit. Il tente une panenka, mais le ballon touche la barre transversale et rentre dans le but de justesse. Des sueurs froides me parcourent le dos. Il lève le doigt en l'air pour qu'il n'y ait aucun doute sur le fait que le ballon a traversé la ligne. Puis, quelques minutes plus tard, c'est Materazzi qui va égaliser pour l'Italie sur une tête après un centre de Pirlo. Les adversaires se rendent coup pour coup, et la situation est bloquée sur le score de 1-1. A la 80ème minute, Zizou se déboite l'épaule suite à un contact aérien. La douleur se lit sur son visage alors qu'il esquisse un geste qui signifiait qu'il devait sortir. Le soigneur arrivera malgré tout à le remettre sur pied. Arrivent les prolongations. A la 107ème minute, c'est l'incompréhension. Le coup de boule de Zizou sur le torse de Materazzi. Qu'est-ce qu'il a fait ? Pourquoi il a fait ça ? A la suite du match, on aura un début d'explication: les insultes et le rôle joué par Materazzi dans ce match particulier on fait bouillir le sang du joueur le plus doué de sa génération. L'arbitre n'a pas vu le geste, mais les écrans du stade de Berlin l'affichent en boucle. C'est donc le début de l'arbitrage vidéo, non officiellement. Puis arrive le moment des tirs aux buts. Un tir manqué de justesse par Trézéguet, qui touche la transversale grève nos chances. Fabio Grosso marque et l'Italie gagne le match. Depuis le début de la soirée, mon quartier grondait des cris des supporters français. Lors de la fin du match, on entend une petite voix de l'immeuble d'en face: "Et ils sont où les français ?", qui venait probablement d'une supportrice italienne. Puis, plus rien. Le silence est pesant. Je suis lessivé, et n'arrive pas à réaliser ce qu'il vient de se passer. Rien ne s'est déroulé comme je l'avais imaginé. (écrit le: 2021-01-15) catégorie: sport - année: 2006

Amsterdam cliquez pour afficher en grand

date: vendredi 16/11/2001 (25 ans) lieu: Amsterdam

On avait cherché un billet de train pas cher pour Amsterdam au mois de septembre, mais les tarifs les moins élevés étaient au mois de novembre. Il faut dire que le "Thalys" n'est pas vraiment rempli à cette saison. J'étais à peine remis de mon opération des dents de sagesse. On peut dire que je n'étais pas en forme, et que ça tombait mal, mais ça faisait plus de deux mois que ce voyage était organisé et on ne voulait pas le reporter. Nous allons, Isabelle et moi, retrouver là-bas un ami hollandais qu'elle a rencontré sur internet. Finalement, nous nous retrouvons à la Gare du Nord. J'avais préparé une compote de pommes à la cannelle que nous avons mangé dans le train. Nous dormons dans une sorte de chambre d'hôtes sur un péniche amarrée au port. Isabelle a insisté pour que nos lits soient séparés. Nous louons des vélos à la gare, et parcourons les bords des canaux de cette ville magnifique. J'ai même pris quelques risques, en brûlant certains feux rouges, ce qui n'est pas trop mon habitude. Ce qui m'a vraiment surpris, c'est qu'il n'y avait aucun enfant dans les rues, la fécondité des néerlandais est assez faible, mais quand même... Isa veut absolument faire toutes les activités possibles en l'espace d'un week-end, ce qui est évidemment impossible. Nous avons visité le Rijksmuseum, le musée Van Gogh,...A la maison d'Anne Frank, j'ai été surpris de voir qu'Isabelle était de mauvais poil. Il faut dire que je n'arrête pas de la prendre en photo, ce qui devait passablement l'énerver. J'étais très amoureux. L'ami hollandais d'Isabelle, René, est légèrement plus âgé que nous. Il parle français et nous fait visiter sa ville. Dans le "Quartier rouge", je me souviens avoir été approché par un vendeur de drogue dont je ne comprenais pas un traître mot. René l'a fait partir. Un soir, nous allons au casino pour nous amuser. Il faut déposer nos cartes d'identité à l'entrée. Je n'ai jamais aimé les jeux d'argent. Isabelle gagne quelques pièces à la machine à sous. Je me dit: "Heureux au jeu, malheureux en amour". Le dernier soir, René prend nos bagages et nous amène dans un bar, "La gare de l'Est", où nous avons mangé un morceau. Puis nous allons directement prendre le train après avoir acheté des gâteaux hollandais. J'ai un peu dormi dans le train au retour. Arrivés à la Gare du Nord, je la raccompagne chez elle, puis je m'en vais. Au bout de quelques mètres, je me rends compte que j'ai gardé les gâteaux dans mon sac, mais je ne connais pas son digicode, ni son numéro de téléphone fixe. Je me rends compte avec effroi que je ne fais pas vraiment partie de sa vie. Je me sens coincé dans la "friendzone" dans toute sa splendeur, sorte d'écueil que toutes les personnes gentilles ont connu avec la personne qu'ils aiment. Je repars au bout de quelques minutes, dépité. Presque arrivé à l'entrée de la station RER B "Cité Universitaire", je la vois qui court derrière moi avec son chien "Rigolo". Elle est essoufflée, et me demande de lui rendre ses gâteaux. Elle pensait que j'allais les manger tout seul... (écrit le: 2020-12-03) catégorie: voyages - année: 2001

Brocante à Carrières cliquez pour afficher en grand

date: dimanche 15/06/2008 (32 ans) lieu: Carrières-sur-Seine

Nous avons réservé un stand sur la brocante de Carrières-sur-seine. Il y a bien longtemps que je n'ai pas vendu de vieux objets sur une brocante... Nous essayons d'arriver tôt sur notre emplacement, à environ 900 m de chez nous. Je fais deux allers-retours en voiture, et au moment de repartir la deuxième fois je roulais à 2 kilomètres/heure. J'ai même frotté ma carrosserie sur un véhicule mal garé. A partir de 8h, il était totalement impossible de passer en voiture. Nous disposons les vêtements, des livres, une cafetière, des vieilles consoles de jeux vidéo,... Arrivent les premiers passants. Nous avions tout prévu, j'ai été chercher des pièces de monnaie à la banque, et nous avons des sacs plastiques pour donner aux clients. Véro est très à l'aise dans le rôle de la marchande. Elle est juste un peu inexpérimentée. Elle refuse de vendre un objet pour un tarif qu'elle juge trop faible: on arrivera péniblement à le vendre une heure plus tard pour la moitié du prix. Notre stand se vide assez rapidement, il n'y a plus grand chose à vendre. Vers 12h, je vais rentrer chercher d'autres objets pour remplir notre étalage. Nous avions également des objets à vendre pour d'autres personnes. Gérard m'avait donné une valise de vêtements qui appartenaient à son père. Ma mère nous avait donné un guide sur l'Ouzbékistan car elle l'avait en double. Ce livre nous a permis de faire la rencontre d'une personne qui était allé dans ce pays, nous a raconté son voyage, et qui a fini par acheter le guide. Olivier nous avait confié une table basse, tellement volumineuse que nous n'avons pas réussi à l'amener jusqu'au stand. Nous l'avons donné à Emmaüs quelques mois plus tard. Finalement, on aura réussi à récupérer 200 euros avec la vente d'affaires que nous aurions probablement jetées. (écrit le: 2020-11-18) catégorie: brocante - année: 2008

Valence-Montélimar à vélo cliquez pour afficher en grand

date: samedi 20/09/2014 (38 ans) lieu: Montélimar

ViaRhôna. Ce nom désigne une longue piste cyclable qui relie le lac Léman à la Méditerranée en suivant le cours du Rhône. J'avais l'idée de suivre le tracé de cette piste, quand j'aurais le courage… et le temps. Mais j'étais souvent pris par mes obligations professionnelles et familiales. Il faut plus d'une semaine pour rejoindre la Camargue en organisant les étapes qui relient les Alpes à la mer. Je cherchais un moyen de réaliser mon rêve, hélas je n'avais trouvé aucune solution réalisable au bout de quelques mois. J'avais fini par renoncer. Et puis une ouverture s'est présentée. Un voyage dans la Drôme avec Véronique pouvait se faire au mois de septembre, et je décidais d'y coller une activité solitaire: rouler au bord du Rhône entre Valence et Montélimar. Je me renseigne sur le tracé, et découvre sur un site internet que le parcours est en pointillé: la ViaRhôna existe en grande partie dans l'imagination de ses concepteurs, il n'est pas possible de maintenir un chemin aussi long sans y mettre d'immenses moyens, mais ceux-ci n'étaient pas à la hauteur de leurs ambitions. De toutes évidences il n'y a pas de cohérence globale, à part quelques panneaux qui vont m'aider à ne pas dévier du chemin. Nous partons donc vers Montélimar, où nous avons réservé une chambre à l'hôtel "Beausoleil**" proche du centre piéton de la vieille ville. Les lieux sont empreints de nostalgie et les touristes viennent y chercher le souvenir du passage de la Nationale 7 et des fameux embouteillages de la route des vacances sur la côte d'Azur. La route nationale chantée par Trénet a subi une hémorragie en 1966 quand l'autoroute A7 a transfusé le flot des voyageurs sur une belle ligne droite. Mais le patient respire encore et la ville reste accueillante, comme nous le constaterons après quelques heures de route. Le parfum du nougat nous caresse les narines alors que nous parcourons les alentours du théâtre et du château. Nous avons garé la voiture dans le parking de l'hôtel et prenons possession de notre chambre. Je demande à l'accueil un endroit pour poser mon vélo à l'abri, et l'employé de l'hôtel pose mon VTT à la cave. Avant de m'endormir, je scrute minutieusement les sept feuilles de papier sur lesquelles j'ai imprimé le détail de mon parcours, les passages les moins évidents sont surlignés au stabilo. Après avoir pris le petit déjeuner, nous partons vers Valence. Après avoir fait quelques détours, nous finissons par trouver le point de départ. Véronique prend le volant pour rentrer à l'hôtel. Je lui ai donné rendez-vous à l'heure du déjeuner. A cet instant, une impression de liberté m'enivre. Plus d'entraves d'aucunes sortes, c'est la première fois depuis des mois que je n'ai aucun compte à rendre. J'ai juste à suivre le cours d'un fleuve, une perspective des plus reposantes. Je traverse le pont afin de rejoindre la rive droite du Rhône et passe par la même occasion en Ardèche. Il fait un temps magnifique, et le paysage est sauvagement canalisé par des infrastructures de toutes sortes. Des routes, des ponts, un chemin de fer et un barrage hydroélectrique ponctuent ma balade. C'est aussi la France des années 60 que j'ai sous les yeux. Celle de l'agriculture intensive, du TGV, des autoroutes et des centrales nucléaires. Ces ajouts très récents contrastent avec la topographie marquée par la fonte des glaciers millénaires. Des arbres fruitiers et des zones maraîchères longent ma route dominée par les monts d'Ardèche à l'ouest. Devant moi s'envolent d'énormes volutes blanches depuis les cheminées de la centrale nucléaire de Cruas-Meysse. J'ai soigneusement suivi le plan mais suis souvent obligé de faire demi-tour après avoir compris les signes inscrits sur mes petites feuilles de papier. Arrivé au bout d'un chemin longeant un champ de panneaux photovoltaïques, je suis bloqué par des barrières, et suis obligé de passer dans un conduit en béton avec de l'eau jusqu'aux mollets. Puis je finis ma route à côté des champs de lavande avant de traverser une zone d'activité commerciale au nord de Montélimar. J'arrive à destination après trois heures et demi de pédalage intensif, les jambes et les bras cuits par le soleil. Juste à l'heure pour le repas de midi. (écrit le: 2020-06-26) catégorie: voyages - année: 2014

Rencontres photographiques cliquez pour afficher en grand

date: samedi 06/08/2011 (35 ans) lieu: Arles

J'ai gagné avec la Fnac une entrée pour les rencontres photographiques d'Arles qui ont lieu du 4 juillet au 18 septembre. Depuis quelques mois, j'ai cette passion pour la photo, et prends plaisir à m'exprimer avec un appareil. J'avais suivi quatre stages à Paris pour apprendre à maîtriser mon Canon 500D, un reflex d'entrée de gamme acheté en 2010. Je me languissais d'obtenir de meilleurs résultats. Il y avait un monde entre mes photos et celles qui me plaisaient. Le site internet de la Fnac proposait un quiz sur le vocabulaire photographique, et j'avais été un des premiers à répondre correctement. Me voilà donc doté d'un pass gratuit en poche, valable pour tous les lieux d'exposition. J'espérais voir des oeuvres contemporaines qui allaient m'inspirer, et me sortir un peu de la routine légèrement ennuyeuse dans laquelle je me sentais enfermé depuis quelques années. Mais comment allais-je me déplacer dans le sud de la France? Mes seuls jours de congés payés étaient déjà posés pour aller en Bretagne et à Londres. Je prends alors la décision de faire l'aller-retour dans la journée, pendant un week-end de début août. Le samedi matin, je prends un TGV pour Nîmes, puis un TER pour la gare d'Arles. Il est l'heure de déjeuner quand j'arrive sur place, le soleil écrase le bitume du parking sur lequel je tombe en sortant. J'avais emporté un sandwich et une bouteille d'eau. Je marche un kilomètre et demi depuis la gare jusqu'aux "Ateliers", des entrepôts situés sur des terrains que la Sncf a mis à disposition des organisateurs du festival. Une statue représentant un zébu multicolore marque l'entrée des expositions. Le lieu est immense, et je rencontre assez peu de visiteurs dans certaines salles. Je prends quelques photos de l'environnement un peu lunaire. Je n'ai avec moi que cet iPhone 3GS sur lequel l'application Hipstamatic est installée. Elle donne un aspect "vintage" aux prises de vue. Le thème des Rencontres cette année est "non conforme". Le programme est donc assez large, tant l'ensemble de la production photographique contemporaine répond à ce critère. J'ai de bonnes surprises malgré tout. Par exemple, j'ai pu voir des clichés d'artistes connus (Robert Capa: la valise mexicaine, JR, Chris Marker) et d'autres qui méritaient sans doute de l'être un peu plus (Jo Ractliffe, Mark Ruwedel). Je profite de ces instants volés à mon quotidien pour flâner dans les rues d'Arles, voir les arènes. j'échappe aux moustiques et vais chercher un peu d'air frais dans les jardins, les églises et le Cloître St-Trophime. La plupart des lieux que je visite participent aux Rencontres photographiques. Je montre mon sésame pour entrer partout gratuitement. A la fin de la journée, je me promène le long du Rhône, puis vers 19 heures, je prends le train pour rentrer chez moi. (écrit le: 2020-06-26) catégorie: expositions - année: 2011

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