Sailor & Lula cliquez pour afficher en grand

date: samedi 06/10/1990 (14 ans) lieu: Paris

Je vais à Paris voir un film de David Lynch. D'habitude, je vais à Enghien-les-Bains, mais la salle de cinéma ne joue pas « Sailor & Lula » (« Wild at Heart » en version originale). Ce film raconte la cavale d'un couple éperdument amoureux sur fond d'hommage au Magicien d'Oz et à Elvis Presley. Présenté à Cannes en Mai, le film y a gagné la Palme d'Or. Ce qui m'a attiré, c'est d'abord la bande-annonce. La musique que j'y ai entendue me mettait en transe. Les violons de Richard Strauss y côtoient les guitares métalliques de Powermad. Et puis les images très colorées, l'inquiétante étrangeté toute particulière au cinéma de David Lynch, tout cela me semble familier. Enfin, la beauté des décors et celle de l'actrice principale ont fini de me décider à aller dans une salle parisienne pour voir ce film que j'imagine déjà culte. Avec sa violence morale et physique, teinté de phénomènes surnaturels, il a de quoi perturber les jeunes enfants. C'est pourquoi l'entrée de la salle est interdite aux moins de douze ans. Le film passe en version originale, « V.O. » est aussi le nom que nous avons donné avec Mathieu à notre fanzine de passionnés de cinéma. Je me souviens de cette allumette, filmée en très gros plan, et de cet incendie criminel dans lequel le père Lula décède. Laura Dern, et sa mère, Diane Ladd, jouent le rôle de la mère et de la fille. Nicolas Cage, y campe un gangster au grand cœur, admirateur du « King », brutal et peu porté sur l'ironie. Sa belle-mère fera tout pour le faire disparaître, croyant qu'il a assisté au meurtre de son défunt mari. C'est aussi un « road-movie », dans lequel les personnages passent de la Nouvelle-Orléans au Texas, en donnant une certaine vision désabusée des Etats-Unis. Lula, à bout de nerf, éteint l'auto-radio après avoir écouté le récit de faits divers choquants (et sans doute réels) sur différentes stations. De bout en bout, la chanson de Chris Isaac « Wicked Game » hante une scène dans laquelle le couple, au volant d'une décapotable, discute au milieu de la nuit quand ils croisent une famille victime d'un accident de la route. Une jeune femme, seule survivante du crash, est sérieusement blessée à la tête. Soucieuse uniquement de son apparence physique, elle décèdera sous leurs yeux quelques instants plus tard. La route des amants croisera celle de Perdita, jouée par une Isabella Rossellini méconnaissable, et compagne de Lynch à l'époque. Willem Dafoe y joue le rôle de Bobby Peru, un braqueur de banque pervers au rire niais et aux dents gâtées. Il est inoubliable lorsque, le visage masqué par un bas, il se fait sauter la cervelle d'un coup de fusil à pompe. Seule l'intervention de la bonne fée à la fin du film permettra au personnage principal de retourner vers sa femme et son fils, alors qu'il sort à nouveau de prison. Nicolas Cage, de sa propre voix, termine le film en chantant à sa belle « Love Me Tender », symbole de son amour absolu. Le spectateur ne sort pas indemne de cette expérience traumatisante, dans le bon sens du terme. (écrit le: 2017-07-30) catégorie: cinéma année: 1990

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Demo Scene Amiga cliquez pour afficher en grand

date: mardi 15/12/1992 (17 ans) lieu: St Leu la Forêt

L'arrivée de l'informatique personnelle a créé une révolution. Les personnes qui assistaient à ce phénomène avaient le sentiment d'appartenir à une communauté privilégiée. Le futur se fabriquait sous nos yeux, littéralement. Cela se passait quelques années avant que l'internet n'envahisse les foyers, et rende ces avancées technologiques plus banales. Pour ma part, je profitais de mon ordinateur Commodore Amiga en jouant gratuitement à des jeux de voitures, de plateforme ou de sport. Parmi mes disquettes de jeux copiés illégalement, j'avais quelques démos fabriquées par des développeurs indépendants. Il s'agit pour celui qui a piraté le jeu de démontrer ses qualités de programmeur ou tout simplement d'écrire son nom de manière suffisamment visible. De ce point de vue, on s'approche beaucoup de l'univers des « grapheurs ». De grand noms du jeu vidéo ont commencé en réalisant ce genre d'animations. Il restait souvent peu de place pour mettre des fichiers sur les disquettes, le programme devait donc être léger mais avoir un maximum d'impact. C'est donc avec ces contraintes qu'ils travaillaient. Ils devaient trouver des astuces pour compresser les images, et se servir de la puissance de calcul de la machine pour compenser l'absence de contenu. Parfois, les meilleurs programmeurs se réunissaient pour réaliser des concours de démos plus ambitieuses, qui tenaient sur une ou deux disquettes. Leurs productions se retrouvaient alors copiées et recopiées comme une traînée de poudre parmi les possesseurs d'Amiga. Les capacités de la machine étaient poussées à leur paroxysme, j'avais même peur que mon écran n'explose tant les images étaient contrastées et défilaient avec un rythme élevé. Je me souviens avec émotion de certaines démos. « State of the Art », créé par le groupe norvégien « Spaceballs », montrait des silhouettes qui dansaient sur une musique techno extrêmement énergique. « Hardwired », créé par les danois « Crionics & The Silents » regroupait une succession d'exploits techniques sur fond d'univers de science fiction. Le compositeur des musiques de cette démo (Jesper Kyd) a ensuite travaillé sur de nombreux jeux vidéo dont Assassin's Creed, Hitman et bien d'autres. (écrit le: 2017-07-30) catégorie: informatique année: 1992

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Univers >Interactif cliquez pour afficher en grand

date: lundi 15/01/1996 (20 ans) lieu: Strasbourg

Parmi tous les magazines disponibles chez le libraire, il y en a un qui sort du lot. Alors qu'internet fait ses premiers pas sur le sol français, Univers >Interactif nous accompagne vers le changement que cela implique, à plus ou moins long terme. Ce mensuel analyse la nouvelle technologie, défriche les tendances, le tout dans une maquette résolument futuriste. Toutes les pages contiennent des photos en couleur, ça fait même un peu mal aux yeux quand on le relit aujourd'hui. Un CD-ROM était offert aux lecteurs, dans lequel on trouvait une sélection pointue de vidéos, de musiques et d'images inédites. Des planches de la BD "Dilbert" se trouvaient à l'intérieur, c'est là que j'ai découvert les histoires de cet employé de bureau un peu geek. Quand on pense à la révolution qu'Internet a provoqué dans le monde de l'édition et du journalisme dix ans plus tard, on imagine que cet univers "interactif" n'est pas devenu un rêve mais plutôt un cauchemar pour certaines professions. Sans doute le caractère précurseur de ce magazine et son coût de fabrication ont précipité sa chute. Il a disparu en juin 1996 après seulement 11 numéros. (écrit le: 2017-03-31) catégorie: magazines année: 1996

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